En 2027, travailler à la retraite pourrait devenir une très mauvaise affaire pour des milliers de Français

Dès janvier 2027, le cumul emploi-retraite va changer radicalement.

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En 2027, travailler à la retraite pourrait devenir une très mauvaise affaire pour des milliers de Français
En 2027, travailler à la retraite pourrait devenir une très mauvaise affaire pour des milliers de Français © Social Mag

Selon RMC, le dispositif de cumul emploi-retraite (CER), très utilisé par les retraités en France, va être modifié à partir du 1er janvier 2027. La réforme a été adoptée discrètement via l’article 102 du budget de la Sécurité sociale en décembre 2025, et concerne aujourd’hui environ 600 000 personnes. Cette refonte, déjà perçue comme un durcissement, suscite des inquiétudes sur ses effets pour les retraités et pour les finances publiques.

Comment ça marche aujourd’hui : règles et limites du cumul emploi-retraite

Aujourd’hui, le CER permet aux retraités (anciens salariés du privé, fonctionnaires ou professionnels libéraux) de reprendre une activité rémunérée tout en continuant de toucher leur pension. Il existe deux variantes : le CER « intégral » offre un cumul sans plafond des revenus, à condition d’avoir cotisé 170 trimestres et d’avoir atteint l’âge légal de départ, fixé à 62 ans et 9 mois. Ce dispositif est réservé aux retraités remplissant ces conditions. Pour les autres, le CER « limité » s’applique : il fixe un plafond de revenus cumulés et n’ouvre pas le droit à une seconde pension.

Pour beaucoup, ce système est favorable, mais il est pointé du doigt par certains organismes pour son impact potentiel sur les retraités.

Ce qui change à partir de 2027

La réforme du cumul emploi-retraite fait basculer les règles vers des critères d’âge plutôt que vers le nombre de trimestres cotisés. Les nouvelles règles s’appliqueront au 1er janvier 2027 et ne toucheront pas les retraités partis avant le 31 décembre 2026. À partir de 67 ans, le cumul intégral reste autorisé : il permettra encore de se constituer des nouveaux droits à la retraite, sans plafond.

Pour les retraités partant avant 64 ans, tous leurs revenus d’activité seront déduits de leur pension. Entre 64 et 67 ans, un cumul partiel mais conditionnel est prévu : la pension sera réduite de 50 % des revenus supplémentaires qui dépassent un seuil proposé à 7 000 € par an. Par exemple, un retraité touchant 1 000 € bruts par mois (soit 12 000 € par an) verrait sa pension réduite de 2 500 € (50 % de l’excédent de 5 000 €).

Les chiffres et les réactions

La réforme est présentée comme génératrice d’économies : 1,9 milliard d’euros d’ici 2030, avec un gain immédiat attendu de 400 millions d’euros dès 2027, malgré les nouvelles restrictions du budget 2026. Mais elle suscite aussi des réserves. Des économistes comme Philippe Askenazy mettent en garde contre le risque d’une hausse du travail non déclaré, ce qui pourrait réduire les cotisations sociales et les recettes fiscales.

Plusieurs acteurs ont réagi. Pascale Gauthier, de Novelvy retraite, pointe déjà la longueur des délais administratifs pour les rachats de trimestres. L’association UFC-Que Choisir conseille aux futurs retraités de devancer la réforme en prenant leur retraite avant la fin de 2026 pour éviter les nouvelles règles.

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