La question du cumul emploi-retraite n’est pas banale. Elle intéresse beaucoup de retraités. Un lecteur de Ouest France s’intéresse de savoir si un retraité qui reprend une activité salariée complémentaire peut cotiser et ouvrir de nouveaux droits une fois cette activité terminée. Le sujet prend de l’importance alors que des évolutions légales sont annoncées et promettent de transformer les conditions d’accès au dispositif.
Où en est le cumul emploi-retraite ?
Le cumul emploi-retraite permet aujourd’hui à de nombreux retraités de maintenir ou d’améliorer leur niveau de vie. Selon le baromètre réalisé par l’Unsa Retraités, 17 % des retraités touchant une pension comprise entre 1 000 € et 1 400 € restent actifs par nécessité, surtout quand ils sont retraités depuis moins de cinq ans. Cela représente une part importante de la population retraitée qui travaille pour compléter une retraite insuffisante. Cette tendance est encore plus marquée chez les jeunes retraités : 13 % poursuivent une activité salariée si leur pension est inférieure à 1 000 €.
Il est possible que les retraités actuels exerçant une activité complémentaire puissent ouvrir de nouveaux droits, notamment grâce au cumul emploi-retraite intégral. Toutefois, ce cumul est soumis à des règles précises et ne crée pas de nouveaux droits à la pension pour la tranche des 64 à 67 ans.
Ce qui change en 2027
Le cadre pourrait évoluer à partir du 1er janvier 2027 avec l’entrée en vigueur des nouvelles règles prévues par le réforme du cumul emploi-retraite, adopté le 16 décembre 2025. Ces règles, selon l’Unsa Retraités, rendront le dispositif moins attractif. À partir de cette date, le cumul emploi-retraite pour les nouveaux retraités sera encadré plus strictement, avec des restrictions qui dépendent de l’âge de départ à la retraite.
- Pour les retraités de moins de 64 ans, chaque euro gagné au titre d’une activité reprise après la retraite sera déduit de la pension dès le premier euro, rendant impossible l’augmentation des revenus.
- Pour ceux ayant entre 64 et 67 ans, un cumul partiel est institué, avec une franchise de 7 000 € annuels ; au-delà, la pension sera écrêtée à 50 % des revenus d’activité.
- Pour les retraités de plus de 67 ans, le cumul restera libre et pourra même permettre la création de nouveaux droits.
La réforme pourrait aussi peser pour ceux bénéficiant d’un départ anticipé pour carrière longue (option permettant un départ avant l’âge légal pour certaines carrières longues).
Ce que ça implique socialement
Ces réformes pour 2027 soulèvent des questions sur leurs conséquences sociales, notamment avec les nouvelles restrictions qui pourraient pousser certains retraités à recourir au travail non déclaré. Pour les CSP+, le cumul est souvent un moyen de conserver une reconnaissance sociale, tandis que pour d’autres c’est une nécessité financière.
Face à ces changements, l’Unsa Retraités, via son baromètre, propose une autre piste : plutôt que durcir les règles, relever substantiellement le niveau des pensions, en particulier les minima comme le minimum contributif et le minimum garanti, serait une meilleure solution.





