Une étude publiée le 26 juin 2026 dans la revue Nature Communications identifie la flexibilité cognitive comme un symptôme précoce possible de la maladie d’Alzheimer. Selon ces travaux, ce trouble apparaîtrait avant les pertes de mémoire habituellement associées à la pathologie, ce qui pourrait permettre un diagnostic plus rapide.
Des souris testées avant les premiers oublis
Les chercheurs ont travaillé sur un échantillon de souris présentant des altérations cérébrales liées à la maladie d’Alzheimer. Chez ces animaux, des problèmes de flexibilité cognitive sont apparus plusieurs mois avant les premiers signes de troubles de la mémoire. Ces conclusions sont résumées dans un communiqué publié sur le site MedicalXpress.
Une capacité d’adaptation qui flancherait en premier
La flexibilité cognitive désigne, selon l’étude, la capacité du cerveau à ajuster son comportement, à apprendre de nouvelles règles et à s’adapter aux changements de situation. Concrètement, il s’agit des processus mentaux qui permettent de planifier, de s’adapter et de prendre des décisions, des mécanismes qui précéderaient les oublis liés à la perte de mémoire.
Les scientifiques appellent à la prudence : leurs observations ont été réalisées chez la souris, et d’autres travaux devront vérifier si les mêmes mécanismes se retrouvent chez l’homme. Ils invitent néanmoins à surveiller de près les changements précoces de la flexibilité cognitive et des fonctions exécutives, susceptibles de révéler que des modifications liées à la maladie sont déjà en cours.
Dans l’imaginaire commun, la maladie d’Alzheimer reste avant tout associée à la perte de mémoire. Or, selon cette nouvelle étude, cette dernière ne serait pas le premier symptôme à se manifester.
La maladie d’Alzheimer est difficile à repérer car ses symptômes apparaissent progressivement et peuvent être confondus avec d’autres troubles. Une étude publiée en 2024 par la Fondation Recherche Alzheimer, menée avec l’institut de sondage BVA X-Sight, estime que 1,3 million de Français seraient atteints de la maladie, un chiffre qui progresse chaque année.
Seuls 35 % des malades seraient diagnostiqués, ce qui retarde leur prise en charge et la mise en place de stratégies pour freiner la progression de la maladie. D’après cette même étude, 11 % des Français de plus de 30 ans ont un parent ou un conjoint touché, et 30 000 personnes de moins de 65 ans sont concernées, la maladie ne se limitant donc pas aux personnes âgées.
À l’échelle mondiale, 57 millions de personnes seraient atteintes. En France, la Fondation de la Recherche Médicale évalue à près de 900 000 le nombre de malades, avec plus de 225 000 nouveaux cas dépistés chaque année. Après 65 ans, la maladie touche 2 % à 4 % de la population, une proportion qui grimpe à 15 % à 80 ans.
Sur 25 malades, 15 sont des femmes, un écart en partie lié aux différences d’espérance de vie. Selon l’Inserm, la maladie résulte d’une lente dégénérescence des neurones qui débute dans l’hippocampe, la structure cérébrale associée à la mémoire, avant de gagner le reste du cerveau.
Parmi les signes les plus précoces figurent des troubles du langage, souvent minimisés. Cinq indices reviennent régulièrement :
- des hésitations et des pauses fréquentes, avec l’usage de mots vagues comme truc ou chose ;
- l’emploi d’un mot inapproprié à la place d’un autre, comme chat pour chien ;
- la verbalisation d’une incapacité à agir plutôt qu’une tentative d’accomplir la tâche, du type « je ne suis plus aussi bon qu’avant » ;
- la répétition des mêmes mots et l’usage fréquent de liaisons comme et ou mais ;
- enfin, la difficulté à nommer des éléments d’une même catégorie, comme des animaux ou des fruits, même placés sous les yeux.
D’autres signaux, plus rarement associés à la maladie, méritent également l’attention : des troubles de l’humeur comme l’irritabilité ou une anxiété plus marquée, une perte d’intérêt pour les activités et les échanges sociaux, ou une altération de la parole marquée par des pauses en pleine phrase. Plus ces signes sont repérés tôt, plus des interventions peuvent être mises en place pour ralentir l’évolution de la maladie.
Face à des symptômes persistants (troubles de la mémoire, désorientation, changements d’humeur, difficultés à accomplir des tâches quotidiennes), consulter un professionnel de santé reste recommandé : un diagnostic rapide peut faire une réelle différence dans la gestion de la maladie.
Selon la Fondation Vaincre Alzheimer, les traitements existants agissent uniquement sur les symptômes cognitifs, sans empêcher la propagation de la maladie dans le cerveau, mais restent efficaces d’un point de vue clinique.





