Les fruits regorgent certes d’eau, mais selon Nathalie Négro, responsable du centre nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains, les déguster pour se désaltérer n’est pas une bonne idée car cela entretient la confusion entre la soif et la faim. Cette mise en garde a été formulée dans un entretien accordé au Parisien en 2022. Un rappel qui prend un relief particulier chaque été, quand la chaleur pousse à multiplier les tranches de pastèque pour se rafraîchir.
Composée à environ 92 % d’eau, la pastèque donne pourtant l’illusion de pouvoir se substituer à un verre d’eau. C’est justement le piège que pointe la spécialiste : manger une tranche apporte du liquide, mais aussi des fibres, du fructose et des minéraux, ce qui n’a rien à voir avec la simple consommation d’eau.
Le melon, autre cucurbitacée, n’échappe pas à cette confusion. Par forte chaleur, l’eau reste la référence pour s’hydrater ; ces fruits peuvent compléter les apports, jamais les remplacer.
Le fructose, un sucre à surveiller
Ces deux fruits sont particulièrement concentrés en fructose, un sucre simple qui, à haute dose, est métabolisé différemment des autres glucides puisqu’il transite directement par le foie. Nathalie Négro détaille les conséquences : « à haute dose, le fructose tend à augmenter le taux de triglycérides dans le sang et à accroître la masse grasse abdominale, d’où un risque accru de diabète, d’hypertension et de maladies cardiovasculaires ».
Les chiffres comparés surprennent : le melon affiche environ 14,8 g de sucre pour 100 g, ce qui en fait l’un des fruits les plus sucrés de l’été, loin devant la pastèque, les pêches (8 g/100 g chacune) ou les fraises (6 g/100 g).
Les framboises ferment la marche avec 5,8 g/100 g. Ce constat n’est pas une raison de bannir le melon des repas, mais consommer une demi-pastèque par jour en pensant qu’il ne s’agit que d’eau, selon Nathalie Négro, revient à négliger cette réalité.
Ballonnements et rétention d’eau en cas d’excès
Une consommation trop généreuse expose aussi à des troubles digestifs : diarrhées, crampes abdominales ou ballonnements. La pastèque cumule eau, fibres et une légère acidité susceptible d’irriter des intestins sensibles, tandis que le melon, plus doux, pose moins de problèmes tant que les portions restent raisonnables. Autre effet possible : la rétention d’eau, qui se traduit par des gonflements des membres et du ventre.
Nathalie Négro recommande de consommer ces fruits en dehors des repas plutôt qu’en dessert, pour éviter l’inconfort et les ballonnements. Sa règle : ne pas dépasser trois portions de fruits par jour, une portion correspondant par exemple à 200 g de pastèque ou à un demi petit melon. Si le melon est servi en entrée, mieux vaut compléter le repas avec des légumes plutôt que de terminer par un autre fruit.
D’autres conseils accompagnent ces recommandations :
- choisir des fruits bien mûrs et de saison,
- les rincer juste avant de les consommer,
- varier les fruits au cours de la journée et
- les associer à une source de protéines ou de bonnes graisses pour limiter les pics de glycémie.
Aucun de ces ajustements ne demande d’effort particulier, mais ils changent la façon dont le corps accueille pastèque et melon.
Pastèque et melon restent des fruits d’été à savourer, avec leurs vitamines et leur fraîcheur. Le message de la spécialiste ne consiste pas à les écarter, mais à ne plus les considérer comme une boisson ou un aliment sans limite.





