Une équipe de scientifiques de l’Université de Bath, au Royaume-Uni, a dévoilé, le 1er septembre 2025, un nouveau test cérébral permettant de repérer les signes précoces de la maladie d’Alzheimer avant même l’apparition des symptômes cliniques. Cette méthode innovante pourrait transformer la manière dont la médecine anticipe cette pathologie. Actuellement, Alzheimer progresse de manière insidieuse pendant plusieurs années. La possibilité d’une détection rapide représente donc une avancée majeure pour la prise en charge anticipée.
Un test rapide et passif pour débusquer Alzheimer
Basé sur une technologie d’électroencéphalographie (EEG), le test baptisé « Fastball » mesure l’activité électrique du cerveau lorsqu’un individu observe une série d’images. Le principe est simple : huit visuels sont présentés plusieurs fois, parmi une multitude d’autres, sans que le sujet ne soit informé de cette répétition. Cette configuration permet d’enregistrer la réponse cérébrale inconsciente liée à la mémoire de reconnaissance.
Le docteur George Stothart, responsable de l’étude, précise, dans des propos partagés par Futura Sciences : « Avec les outils de diagnostic actuels, les 10 à 20 premières années du déclin cognitif lié à la maladie d’Alzheimer sont passées inaperçues. Cette recherche offre une solution ». L’un des atouts majeurs de cette méthode est son caractère non interactif. Le participant n’a ni besoin de répondre à des questions ni d’accomplir une tâche spécifique. Il regarde simplement un écran. Ce format réduit les biais culturels, linguistiques ou éducatifs, rendant le test applicable à un public très large, y compris à domicile.
Des résultats prometteurs mais encore limités
Un premier essai a été mené sur 106 adultes : 54 en bonne santé et 52 présentant un trouble cognitif léger, souvent précurseur de la maladie d’Alzheimer. Les résultats ont montré que le test distinguait nettement les individus souffrant d’un trouble amnésique, en s’appuyant sur des signaux cérébraux spécifiques. Selon Science & Vie, les réponses des patients les plus vulnérables à la démence se caractérisent par une activité réduite lors de la reconnaissance d’images familières. Malgré ces résultats encourageants, les chercheurs restent prudents.
Le professeur Vladimir Litvak, du Wellcome Centre for Human Neuroimaging, a déclare dans The Guardian : « Cette étude représente une première étape vers le développement d’un test cliniquement utile. L’étape suivante cruciale […] consiste à déterminer s’il peut prédire l’évolution de l’état d’une personne au fil du temps. » Si ce test permet d’identifier un risque, il ne garantit pas que la personne testée développera effectivement la maladie. Des essais de plus grande ampleur, suivis sur le long terme, sont nécessaires pour valider cette hypothèse. Néanmoins, le potentiel du Fastball comme outil de dépistage non invasif attire déjà l’attention de la communauté scientifique.
Détecter Alzheimer avant les symptômes, un changement de paradigme
L’enjeu du dépistage précoce d’Alzheimer est immense, cette maladie commence souvent bien avant que des signes visibles n’apparaissent. Repérer ces signes silencieux peut ouvrir une fenêtre thérapeutique déterminante. Jusqu’ici, les techniques reposaient surtout sur l’imagerie cérébrale ou des ponctions lombaires, souvent invasives et coûteuses. Ces dernières années, des alternatives comme les tests sanguins se développent. Ainsi, Alzheimer’s Research UK a lancé un essai clinique pour évaluer un test mesurant la protéine p-tau217, associée à Alzheimer, afin de diagnostiquer plus tôt et plus précisément la maladie. Le test Fastball s’inscrit dans cette dynamique. Il présente des avantages concrets : rapide, indolore, administrable sans encadrement médical lourd.
D’ailleurs, les chercheurs ont déjà expérimenté le test à domicile auprès de certains volontaires, un pas vers une démocratisation du dépistage. À l’heure où certains traitements, comme les anticorps monoclonaux ciblant les plaques amyloïdes, démontrent une efficacité uniquement lorsqu’ils sont administrés très tôt, identifier les patients à risque avant les symptômes devient une priorité absolue. En combinant EEG, intelligence artificielle et accessibilité, le test Fastball pourrait bien représenter un changement de taille dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Le défi des prochaines années sera de confirmer son efficacité à grande échelle et de l’intégrer dans les parcours de soins préventifs.







