Moins de cosmétiques, moins de polluants chimiques mesurés
Les chercheurs ont observé une diminution rapide des polluants chimiques après réduction des cosmétiques. En effet, selon le communiqué de l’Inserm publié le 24 avril 2026, la concentration urinaire de bisphénol A a chuté de 39 %, un chiffre significatif qui souligne l’impact direct des cosmétiques sur l’exposition quotidienne. Cette substance est classée comme « très préoccupante » et identifiée comme perturbateur endocrinien, selon l’Inserm. Cette baisse ne concerne pas uniquement le bisphénol A.
D’autres polluants chimiques, notamment certains parabènes et phtalates, ont également diminué, comme le précise l’étude publiée dans Environment International le 7 avril 2026. Les scientifiques notent que « nos résultats montrent que les produits cosmétiques contribuent à l’exposition à des substances associées à des risques pour la santé, et que cette exposition peut être réduite en utilisant moins de produits », a déclaré Claire Philippat, chercheuse Inserm, dans le communiqué de presse Inserm.
Les cosmétiques, source diffuse de polluants chimiques
Cependant, la présence de polluants chimiques dans les cosmétiques ne provient pas uniquement des ingrédients. Ainsi, même si le bisphénol A est interdit dans les cosmétiques en France depuis 2005, il peut encore être détecté. « Sa présence pourrait être liée à des contaminations survenues au cours du processus de fabrication ou via les matériaux d’emballage », explique Claire Philippat dans le communiqué de l’Inserm.
Par ailleurs, cette exposition diffuse est renforcée par la multiplicité des cosmétiques utilisés quotidiennement. Une étude mentionnée dans Ma Santé News indique qu’une Française utilise en moyenne 16 produits cosmétiques ou d’hygiène par jour. Or, ces cosmétiques, pris individuellement, semblent anodins, mais cumulés, ils constituent une source non négligeable de polluants chimiques.
Réduire les cosmétiques : des bénéfices sanitaires mesurables
De plus, les bénéfices ne se limitent pas à des variations biologiques. Les chercheurs ont estimé les impacts sanitaires potentiels liés à la réduction des cosmétiques. Selon l’Inserm, une diminution de l’exposition au bisphénol A pourrait prévenir environ 4 % des cas d’asthme chez les enfants exposés in utero. Cette estimation est issue du communiqué Inserm du 24 avril 2026. Ces effets pourraient également se traduire économiquement. « Ces bénéfices pour la santé s’accompagneraient également de bénéfices économiques, avec une économie potentielle allant jusqu’à 9,7 millions d’euros par an », a déclaré Rémy Slama, directeur de recherche à l’Inserm.
Cela montre que réduire les cosmétiques pourrait avoir un impact à grande échelle sur la santé publique. Enfin, les résultats soulignent une difficulté de taille, l’identification des polluants chimiques dans les cosmétiques. « En l’absence de logo obligatoire indiquant la présence de substances dangereuses dans les cosmétiques, il est très difficile pour chacun d’interpréter leurs emballages », a indiqué Rémy Slama dans le communiqué de l’Inserm. Cette opacité limite la capacité des consommateurs à faire des choix éclairés.


