À compter du 1er janvier 2027, les règles du cumul emploi-retraite seront durcies, avec une réduction possible de la pension dès le premier euro gagné, alerte Capital. Cette réforme découle de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, portée par l’article 102 de la loi n° 2025-1403.
Selon le Service des retraites de l’État, elle s’appliquera aux assurés dont la première pension prend effet à compter de cette date. Le critère central change de nature : ce n’est plus le taux plein qui détermine les droits au cumul, mais l’âge du retraité au moment où il reprend une activité.
Plus le départ en retraite est précoce, plus les possibilités de cumul intégral se réduisent. Il faudra attendre 67 ans pour bénéficier du régime le plus favorable, celui du cumul intégral sans plafond. Jusqu’au 31 décembre 2026, un retraité ayant liquidé ses pensions à taux plein peut, sous certaines conditions, cumuler sans limite pension et salaire.
Avant l’âge légal, l’écrêtement dès le premier euro
Les principaux perdants de la réforme sont les assurés partis avant l’âge légal, notamment dans le cadre d’une carrière longue. À partir de 2027, s’ils reprennent une activité, leurs nouveaux revenus professionnels ou de remplacement seront intégralement déduits de leurs pensions, dès le premier euro, explique Guillaume Vilard, expert retraite.
Un retraité percevant 1 500 euros de pension mensuelle qui reprend une activité lui rapportant 1 000 euros pourra voir sa pension diminuer d’autant. Si les nouveaux revenus atteignent le montant des pensions, celles-ci pourront être entièrement absorbées par l’écrêtement. Autre conséquence : les cotisations versées lors de cette nouvelle activité n’ouvriront plus aucun nouveau droit avant 67 ans.
Entre l’âge légal et 67 ans, un plafond autour de 7 000 euros
Pour les retraités partis à l’âge légal, le cumul reste possible mais devient strictement plafonné. Un seuil annuel, encore à fixer par décret, pourrait atteindre 7 000 euros par an selon l’Assurance retraite. Au-delà, la pension sera réduite de 50 % du dépassement, une retenue opérée l’année suivante au moyen de prélèvements mensuels, précise le Service des retraites de l’État.
« Prenons un retraité qui gagne 15 000 euros par an grâce à son activité », détaille Guillaume Vilard. Après déduction du seuil de 7 000 euros, 8 000 euros restent soumis à l’écrêtement. « Sa pension étant réduite de 50 % de cette somme, il perdra 4 000 euros de retraite sur l’année », ajoute-t-il.
Passé cet âge, celui du taux plein automatique, les règles redeviennent avantageuses : cumul sans plafond entre pension et revenus professionnels, et acquisition possible de nouveaux droits à une seconde retraite. La réforme supprime au passage le délai de carence de six mois qui s’applique jusqu’au 31 décembre 2026 en cas de reprise d’activité auprès du dernier employeur.
Cette tranche d’âge devient la seule à permettre la constitution de nouveaux droits en cumul emploi-retraite, alors que jusqu’à cette date, l’acquisition de droits supplémentaires est possible dès le cumul intégral, depuis 2023.
Les retraités ayant liquidé leur première pension avant le 1er janvier 2027 ne sont pas concernés par les nouvelles règles et restent soumis au régime antérieur. Pour les assurés proches du départ et qui souhaitent continuer à travailler, la date de liquidation de la pension mérite donc une attention particulière.
Partir plus tôt uniquement pour échapper à la réforme peut toutefois se retourner contre l’assuré. « Cela peut notamment faire perdre une surcote ou conduire à percevoir une pension moins élevée », prévient Guillaume Vilard. À partir de 2027, la comparaison entre liquider sa pension puis retravailler, poursuivre son activité ou opter pour une retraite progressive va devenir incontournable.
« Opter pour le cumul emploi-retraite devra donc être une décision bien réfléchie afin d’éviter les mauvaises surprises », résume l’expert, pour qui la retraite progressive peut, dans certains cas, s’avérer plus adaptée.




