« Moi, je la touche, ma retraite. Une petite retraite par rapport à ce que j’ai donné… » Gérard Jugnot n’avait pas mâché ses mots sur le montant de sa pension. L’acteur et réalisateur avait livré cette confidence le samedi 4 février 2023, au micro d’Éric Dussart, dans l’émission On refait la télé sur RTL.
À l’époque, la France se déchirait sur la réforme des retraites et le report de l’âge légal à 64 ans. Interrogé sur le sujet, le comédien, alors âgé de 71 ans, s’était montré détaché : « Je ne suis pas concerné, mais je peux comprendre que quelqu’un qui fasse un métier difficile ait envie de s’arrêter. », cite Melty.
Il avait reconnu, dans la foulée, ne pas bien saisir le fonctionnement des trimestres cotisés, estimant que ce qui était important, c’étaient les trimestres cotisés, ce qu’il ne comprenait d’ailleurs pas bien.
Ces propos ressurgissent alors que le budget 2027 prévoit de geler les pensions au-delà de 2 034 euros. Gérard Jugnot a 75 ans en ce 6 octobre 2026. Il touche déjà sa retraite, mais n’a toujours pas quitté les plateaux.
Les persistants, ceux qui travaillent après l’âge légal
En 2023 déjà, il n’avait aucune intention d’arrêter : « Oui, il faudra qu’on m’arrête. » Pour décrire son cas, il employait un mot bien à lui, celui de persistant, ces gens qui continuent à travailler après la retraite. Une situation rarement choisie, selon lui, souvent parce que les gens étaient obligés de continuer, mais que tout ce qu’on cotisait n’était plus pour soi, c’était pour les autres.
Éric Dussart l’avait alors qualifié de super contributeur, une étiquette que le comédien n’avait pas contestée. Il filait la métaphore militaire pour parler des métiers de passion : « Dans les métiers de passion, la retraite correspond à la retraite de Russie, à la débâcle. »
Cofondateur de la troupe du Splendid, révélé par « Les Bronzés » puis acclamé dans « Les Choristes » en 2004, Gérard Jugnot a aussi réalisé « Monsieur Batignole ». Une carrière qui, selon lui, assure des revenus confortables, puisque dans ce métier on gagne bien sa vie, souvent.
Cette aisance a un revers, qu’il raconte avec une pointe d’agacement. Au restaurant, on compte parfois sur son portefeuille plus que sur celui des autres convives : « Quand vous êtes au resto, les gens ont toujours tendance à dire : ‘Bah tiens, paye, toi, puisque tu as du pognon !’ Donc ça peut être un peu énervant… »
L’acteur ne se prive pas, à cette occasion, d’égratigner certains de ses confrères qu’il juge trop près de leurs sous : « Je trouve ça triste. Il y a des gens vraiment très, très radins […] J’en connais, c’est terrible ! Des pinces, il y en a quand même pas mal. »






