« Eux, ils n’étaient pas aux 35h » : pourquoi certains retraités pourraient perdre gros dans le budget 2027, et la colère monte

7 milliards d’euros à trouver, deux pistes sur la table, et des retraités déjà dans le viseur. Farandou lâche une petite phrase qui en dit long sur ce qui se prépare pour 2027.

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« Eux, ils n'étaient pas aux 35h » : pourquoi certains retraités pourraient perdre gros dans le budget 2027, et la colère monte
« Eux, ils n’étaient pas aux 35h » : pourquoi certains retraités pourraient perdre gros dans le budget 2027, et la colère monte © Social Mag

« Ce n’est pas une bonne idée, mais ça peut être une nécessité. Il n’est pas anormal, il n’est pas illogique, de faire appel à un effort des retraités. » C’est en ces termes que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s’est exprimé dans un entretien accordé à Europe 1, dimanche 13 septembre 2026.

Le ministre reste prudent sur les contours de la mesure. Il faut d’abord déterminer, selon lui, « quels retraités et quelle nature d’effort », avant de laisser le process en cours suivre son cours. Les retraités, épargnés dans le budget 2026, se retrouvent ainsi de nouveau dans le viseur pour celui de 2027.

Deux pistes chiffrées à 7 milliards d’euros

Le vendredi 11 septembre 2026, le ministre du Budget, David Amiel, avait déjà posé les termes du choix : indexer les pensions sur l’inflation, ou maintenir l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités sur leur pension. Il faudrait, selon lui, réaliser au moins 6 milliards d’euros d’économies sur les pensions de retraite de base l’an prochain pour réduire le déficit.

Deux pistes concrètes circulent désormais :

  1. supprimer cet abattement automatique de 10 %, créé en 1978 pour préserver le pouvoir d’achat des retraités, qui perdent des revenus au moment de quitter la vie active,
  2. ou geler l’indexation des pensions sur l’inflation pour les retraités les plus aisés.

Combinées, ces deux mesures rapporteraient près de 7 milliards d’euros à l’État.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a confié à David Amiel, à Jean-Pierre Farandou et au ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, la mission de consulter les groupes politiques sur ce dossier jugé particulièrement sensible.

Farandou, lui, se dit opposé à la désindexation des pensions. « La désindexation, je n’aime pas », a-t-il tranché, tout en assurant qu’aucune retraite ne sera réduite l’an prochain : « On parle de combien on réévalue. » Il propose plutôt de traiter la revalorisation des retraites comme les salaires, via une négociation annuelle avec les partenaires sociaux, sur le modèle des retraites complémentaires, la responsabilité restant selon lui à l’État.

Il refuse en revanche de détailler les seuils concernés, comme de commenter en détail les pistes avancées par son collègue du Budget.

Sur RMC, un débat vif entre générations

Le sujet a alimenté les échanges dans l’émission « Les Grandes Gueules », sur RMC Story. L’avocat Charles Consigny, dont les propos datent du lundi 14 septembre 2026, ne cache pas son agacement face aux calculs politiques qu’il devine derrière ces arbitrages : « On a bien capté que Maud Bregeon veut rester porte-parole, Sébastien Lecornu Premier ministre et si ça doit coûter 7 milliards d’euros sans toucher aux retraités, ça leur va. »

Il va plus loin, jugeant que « les retraités doivent faire l’effort comme les autres », citant ceux qui, selon lui, « passent leur année à voyager et à ne rien foutre ».

Olivier Truchot conteste cette lecture. Sur RMC, il refuse d’opposer les générations, estimant qu’il y a une musique désagréable qui consisterait à opposer les générations, retraités contre salariés, mais qu’autour de lui, les retraités ont travaillé plus que les actifs parce qu’ils n’étaient pas.

L’agriculteur et éleveur de bovins Didier Giraud pose une autre question, celle de l’utilité même de l’abattement automatique. Il met en garde contre une réforme qui ignorerait la durée de cotisation de chacun : « Embêter les gens qui arrivent à la retraite en leur disant qu’il faut travailler plus sans regarder combien de temps ils ont cotisé, ce qu’ils ont fait, c’est une bêtise. Il faut revoir profondément le système des retraites. »

Cet abattement de 10 %, il faut le rappeler, s’applique aussi automatiquement aux travailleurs actifs sur leurs frais professionnels. Le gouvernement, qui cherche à dégager 30 milliards d’euros d’économies pour 2027, doit désormais trancher entre ces différentes options, alors que la popularité du président et du Premier ministre reste au plus bas.

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