« Elles ont toutes refusé » : Marine Le Pen révèle que les banques lui ferment la porte et veut que les Français financent eux-mêmes sa campagne

Aucune banque ne veut financer Marine Le Pen. Sa solution : faire appel aux particuliers. Une faille légale existe déjà, et elle inquiète jusque dans son propre camp. Pourquoi ?

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« Elles ont toutes refusé » : Marine Le Pen révèle que les banques lui ferment la porte et veut que les Français financent eux-mêmes sa campagne
« Elles ont toutes refusé » : Marine Le Pen révèle que les banques lui ferment la porte et veut que les Français financent eux-mêmes sa campagne © Social Mag

Mardi 6 octobre 2026, Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à la présidentielle, a reconnu qu’aucune banque française n’acceptait de financer sa campagne pour l’Élysée, précisant qu’elles les avaient toutes contactées et qu’elles avaient toutes refusé. Elle a indiqué avoir fait part de ces difficultés au gouvernement.

Le montant recherché avoisine 10,7 millions d’euros, une somme qui correspond au plafond remboursable par l’État pour un candidat franchissant le seuil de 5 % des suffrages et atteignant le second tour. Les banques invoquent à la fois un risque financier et un risque d’image : le remboursement par l’État dépend du score obtenu et de la validation des comptes par la Commission nationale des comptes de campagne, qui veille au respect du plafond de dépenses fixé à 16,8 millions d’euros pour le premier tour, explique BFMTV.

Les dossiers Nicolas Sarkozy en 2012 et Valérie Pécresse en 2022 ont laissé des traces dans les établissements bancaires. À cela s’ajoute, pour Marine Le Pen, sa condamnation en appel en juillet 2026 dans le dossier des assistants du Parlement européen.

Ces déclarations interviennent alors qu’elle est donnée largement en tête de tous les sondages, à un peu plus de six mois du premier tour, et qu’elle s’apprête à mener sa quatrième campagne présidentielle.

Autoriser les prêts de particuliers, « la mesure la plus rapide »

Le lendemain, mercredi 7 octobre 2026, en marge d’un déplacement au Sommet de l’élevage près de Clermont-Ferrand, Marine Le Pen a présenté sa parade. Elle a expliqué qu’autoriser les prêts de particuliers pour la présidentielle, comme ils sont autorisés pour l’intégralité des autres élections, lui paraissait être la mesure la plus rapide qui puisse être mise en œuvre et la plus simple. Elle reconnaît toutefois qu’il faudrait changer la loi pour y parvenir.

La présidentielle est actuellement la seule élection où ce type de prêt reste interdit aux candidats. Les dons de particuliers, eux, sont plafonnés à 4 600 euros par personne. Depuis la loi de 2017 pour la confiance dans la vie politique, ces prêts sont strictement encadrés : contrat écrit, taux d’intérêt conforme au marché, durée limitée.

Une personne physique ne peut d’ailleurs prêter qu’à un parti, jamais directement à un candidat, ce qui ouvre une brèche : un étranger non résident ne peut pas faire de don mais peut accorder un prêt à un parti, une faille qui nourrit des craintes d’ingérence.

Un pool de banques envisagé par Matignon

Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait souhaité, avant l’été, que « tous les candidats, quel que soit leur bord politique, puissent accéder à des financements français » pour leur campagne. Matignon discuterait avec la Fédération bancaire française d’un pool de banques prêtant collectivement, assorti d’une garantie partielle de l’État, une piste censée aussi limiter les risques d’ingérences étrangères.

Certains cadres du RN y voient une aide publique déguisée, et préfèrent la solution des prêts de particuliers défendue par leur candidate.

Le RN a largement utilisé ce levier par le passé, au point de devoir rembourser ses créanciers. En mars 2026, la dette du parti atteignait 8,5 millions d’euros, en partie liée à sa condamnation dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Des juges d’instruction enquêtent par ailleurs sur 2,3 millions d’euros de prêts consentis par 23 particuliers au parti entre 2020 et 2023.

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