Laurent Wauquiez, chef de file des députés Les Républicains, a annoncé que son parti ne censurera pas le budget 2027. Dans un entretien accordé au journal Les Echos, cité par La Tribune Dimanche, il précise toutefois que les députés LR ne voteront pas le texte en l’état. Le parti, désormais baptisé Droite républicaine, met sur la table un plan de 20 milliards d’euros d’économies supplémentaires.
« On ne jouera pas avec le budget alors que la France est au bord du gouffre financier », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « mais on ne pratiquera pas le petit jeu de la censure ». Une formule qui vise directement ses adversaires.
Wauquiez dénonce « les postures irresponsables du RN comme de la gauche qui pratiquent avant la présidentielle le chantage à la censure », et interpelle le Rassemblement national : « Je pose cette question simple au RN : êtes-vous prêts à voter le plan d’économies que nous proposons ? »
Un plan chiffré à 20 milliards face aux 43 milliards du gouvernement
Le gouvernement a présenté son projet de budget 2027 le jeudi 1er octobre 2026. Le texte prévoit 54 milliards d’euros d’économies, dont 43 milliards de mesures nouvelles, et entraînera une hausse des prélèvements obligatoires, de 43,9 % du PIB en 2026 à 44,2 % en 2027.
Parmi les mesures retenues figurent :
- un rabotage des allègements de cotisations patronales,
- la reconduction d’une surtaxe exceptionnelle sur les grandes entreprises,
- et la prolongation de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus.
Le texte prévoit aussi de mettre à contribution les retraités à hauteur de 5,5 milliards d’euros, via la sous-indexation des pensions supérieures à 1 260 euros et la réduction du plafond de l’abattement automatique de 10 %, ramené à 3 000 euros par foyer contre 4 439 euros en 2026.
Wauquiez conteste cette architecture et veut y ajouter 20 milliards d’euros d’économies propres à LR. Le détail :
- la suppression de 50 000 postes de fonctionnaires, « soit un effort de 3 milliards d’euros » ;
- 5 milliards d’euros de coupes dans les agences de l’État, qu’il juge « à l’origine de ces normes qui rendent la vie économique impossible » ;
- 7 milliards issus d’une limitation du RSA à deux ans pour « ceux qui sont capables de reprendre un travail », afin de « mettre un terme à l’assistanat généralisé qui décourage le travail » ;
- et 5 milliards sur l’immigration, via la révision de l’hébergement d’urgence, la transformation de l’aide médicale d’État en aide d’urgence et le conditionnement à deux ans de l’accès aux aides sociales.
Wauquiez évoque également une lutte contre les « abus de l’indemnisation chômage ou des ruptures conventionnelles », et un projet de fusionner toutes les aides sociales en une aide unique plafonnée à 70 % du SMIC.
Avec ces 20 milliards, le responsable LR estime pouvoir épargner les retraités et les entreprises. « Il n’y a pas besoin de ponctionner les retraités », affirme-t-il, convaincu qu’augmenter la fiscalité sur les retraités comme sur les entreprises n’est pas la bonne solution.
Les députés LR promettent ainsi de « se battre pour supprimer les hausses d’impôts sur les particuliers comme sur les entreprises », ce qui vise notamment le rabotage des allègements patronaux et les surtaxes exceptionnelles maintenues par le gouvernement. Pour les entreprises, le parti devrait chercher à revenir sur une partie de ces hausses de prélèvements.
Wauquiez se dit porteur du devoir de sortir un texte avec des vraies économies pour protéger la France d’une crise financière. Le débat sur le budget 2027 doit s’ouvrir à l’Assemblée nationale le 13 octobre.


