L’Espagne accorde un congé maladie pour la ménopause dès décembre : pourquoi les gynécologues français demandent la même chose

L’Espagne devient pionnière en Europe : dès décembre 2026, un arrêt maladie spécifique pour la ménopause, indemnisé dès le deuxième jour. La France, elle, reste à la traîne.

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L'Espagne accorde un congé maladie pour la ménopause dès décembre : pourquoi les gynécologues français demandent la même chose
L’Espagne accorde un congé maladie pour la ménopause dès décembre : pourquoi les gynécologues français demandent la même chose © Social Mag

À partir du 1er décembre 2026, les femmes vivant et travaillant en Espagne disposeront d’un nouveau droit du travail. Celles souffrant de problèmes de santé invalidants liés à la ménopause pourront demander un arrêt maladie spécifique, et percevoir une indemnité dès le deuxième jour d’arrêt, contre jours habituellement pour une maladie ordinaire, rapporte Euronews.

La mesure a été approuvée par le gouvernement espagnol le 20 octobre 2026, sous la forme du décret-loi royal 31/2026, publié le lendemain au Boletín Oficial del Estado. Le texte doit encore être ratifié par la Diputación Permanente du Congrès des députés avant d’entrer en vigueur comme prévu le 1er décembre.

Un diagnostic médical obligatoire, pas un droit automatique

Traverser la ménopause ne suffit pas pour accéder à ce congé. Un médecin doit diagnostiquer une affection associée à un trouble ménopausique secondaire, empêchant temporairement la patiente d’exercer son travail. Bouffées de chaleur intenses, troubles du sommeil, fatigue, difficultés de concentration : tous ces symptômes peuvent affecter le quotidien, mais ne donnent pas automatiquement droit à l’arrêt. Une évaluation médicale reste nécessaire pour déterminer l’existence d’une pathologie invalidante.

La démarche démarre par une consultation dans le système public de santé espagnol. La patiente doit décrire ses symptômes et expliquer en quoi ils l’empêchent de travailler. Si le médecin constate une affection répondant aux critères de la réforme, il peut prescrire un arrêt, dont la durée dépendra de l’évolution de l’état de santé, sans nombre forfaitaire de jours prévu.

Comme pour les autres arrêts maladie, la salariée n’a pas à remettre d’avis papier à son employeur : les informations transitent par voie électronique via la Sécurité sociale.

Sont concernées les salariées relevant de la Sécurité sociale espagnole et les travailleuses indépendantes. Les Françaises qui travaillent et cotisent en Espagne peuvent elles aussi en bénéficier, à condition de remplir les critères médicaux et administratifs.

Pour les salariées, l’entreprise prend en charge le salaire du premier jour d’arrêt. À partir du deuxième jour, la Sécurité sociale verse une prestation égale à 60 % de la base réglementaire pendant les vingt premiers jours, puis 75 % à compter du vingt et unième jour.

Aucune période minimale de cotisation n’est exigée, alors qu’un arrêt pour maladie commune suppose en temps normal d’avoir cotisé au moins 180 jours au cours des cinq dernières années.

Interrogée lors de la conférence de presse suivant la réunion du conseil des ministres, la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations Elma Saiz a souligné l’ampleur du public concerné, rappelant que plus de dix millions et demi de femmes sont affiliées à la Sécurité sociale et que cette réforme répond à des situations qui étaient rendues invisibles.

Cette réforme prolonge celle de 2023, qui avait déjà institué un congé maladie rémunéré pour menstruations invalidantes, présenté à l’époque comme une mesure pionnière en Europe. Le texte de 2026 étend cette logique de protection à certaines affections liées à la ménopause.

En France, en Allemagne, en Italie, en Grèce, au Portugal et en Turquie, aucun congé spécifique lié à la ménopause n’existe sur le lieu de travail. En Allemagne et au Portugal, les femmes dont les symptômes les empêchent de travailler peuvent consulter un médecin et demander un arrêt maladie ordinaire, la ménopause n’y faisant l’objet d’aucune réglementation distincte. En Grèce, en Italie et en Turquie, aucune prestation équivalente n’a été introduite.

En France, un médecin peut prescrire un arrêt classique si l’état de santé de la patiente le justifie, et certaines entreprises ont mis en place leurs propres dispositifs d’accompagnement. Le 15 octobre 2026, lors des Assises de la ménopause, le ministère de la Santé a annoncé plusieurs initiatives pour améliorer l’information, la prévention et la prise en charge des femmes concernées, sans toutefois créer de congé maladie national dédié.

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