En Espagne, la campagne de vaccination contre la grippe cible les personnes âgées de 60 ans et plus, soit le seuil retenu pour le vaccin anti-Covid, fixé à 70 ans. Cet écart traduit une approche différenciée : les personnes vulnérables face au virus de la grippe ne sont pas exactement les mêmes que celles à protéger contre le Covid.
D’après The Conversation, les deux programmes partagent néanmoins des catégories communes : personnes souffrant de pathologies sous-jacentes, femmes enceintes, professionnels de santé. La campagne antigrippale ajoute deux groupes absents du dispositif anti-Covid, les jeunes enfants de 6 à 59 mois et les travailleurs des services essentiels.
Pour le Covid, les autorités espagnoles recommandent la vaccination des résidents en maison de retraite et de leurs aidants, des femmes enceintes, des personnes de 12 ans et plus présentant des pathologies sous-jacentes, ainsi que des personnes de 6 mois et plus à haut risque ou immunodéprimées.
Une seule dose suffit, quel que soit le nombre de doses ou d’infections antérieures, à condition de ne pas avoir reçu d’injection ni contracté le virus dans les trois derniers mois. Les personnes immunodéprimées peuvent avoir besoin de doses supplémentaires.
Pour la grippe, une dose unique est également administrée, sauf pour les bébés prématurés et les personnes immunodéprimées, qui suivent des protocoles spécifiques.
Ces campagnes n’ont pas pour but d’empêcher toute infection mais de réduire les formes graves, les hospitalisations, les admissions en soins intensifs et les décès parmi les populations à risque. Les nouveaux variants des deux virus peuvent contourner une partie des défenses immunitaires : une personne vaccinée peut donc attraper une forme légère de la maladie, voire être réinfectée. Les vaccins restent en revanche efficaces contre le risque d’hospitalisation.
Les deux injections lors du même rendez-vous
Grippe et Covid peuvent être administrés lors de la même consultation, si le calendrier le permet pour chacun des deux vaccins. Cette co-administration, pratique courante pour la plupart des vaccins, évite les déplacements multiples et simplifie l’organisation des centres de santé, un avantage particulièrement sensible pour les femmes âgées, les aidants et les personnes en situation de handicap.
Une étude du CDC a relevé une probabilité légèrement plus élevée de réactions telles que fatigue, maux de tête ou douleurs musculaires chez les personnes ayant reçu les deux vaccins simultanément, par rapport à celles n’ayant reçu que le vaccin Covid monovalent. Ces réactions restent majoritairement légères et de courte durée. Aucun délai d’attente n’est recommandé entre les deux injections.
Le vaccin contre le RSV, le virus respiratoire syncytial, peut lui aussi être associé à l’injection antigrippale, voire aux trois vaccins réunis en une seule visite. Les données sur cette combinaison restent limitées, les vaccins RSV étant récents, mais les essais cliniques n’ont pas montré d’effets indésirables supérieurs à ceux observés après administration séparée, hormis des réactions au site d’injection un peu plus fréquentes. La surveillance de sécurité se poursuit.
Dans tous les cas, les injections doivent être espacées d’au moins un pouce, dans le même bras ou dans des bras différents chez l’adulte, dans la même cuisse ou des cuisses différentes chez le jeune enfant.
Un cas particulier concerne le vaccin antigrippal Fluad, recommandé pour les personnes de 65 ans et plus ainsi que pour les greffés d’organe de 18 à 64 ans sous immunosuppresseurs. Il contient un adjuvant non aluminique, pour lequel les données sur l’administration simultanée avec d’autres vaccins adjuvantés restent plus rares. Un professionnel de santé peut alors privilégier un vaccin antigrippal sans adjuvant, si disponible, avant de recourir à Fluad.






