Réforme en Suisse : contre toute attente, les frontaliers pourraient y gagner gros

La réforme de l’assurance maladie à Genève pourrait entraîner une hausse des primes de 65 % pour les frontaliers !

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Réforme en Suisse : contre toute attente, les frontaliers pourraient y gagner gros
Réforme en Suisse : contre toute attente, les frontaliers pourraient y gagner gros | Social Mag

La ville de Genève a récemment dit oui à une réforme ambitieuse de l’assurance maladie suisse, la LAMal. La réforme promet de maintenir stables les primes des frontaliers jusqu’en 2026, mais elle pourrait entraîner, à plus long terme, une hausse notable des coûts pour certains assurés, similaire à la réforme 100% santé. La décision suscite de vifs débats et pourrait bousculer la situation des frontaliers, souvent partagés entre les systèmes de santé suisse et français.

Ce qui va changer avec la réforme

Au cœur du projet : l’intégration, dès 2028, des assurés résidant à l’étranger dans le système national de compensation des risques. Le texte est soutenu par le Conseil d’État genevois. Le Conseil fédéral, l’Office fédéral de la santé publique et le Parlement fédéral ont aussi joué un rôle important dans l’élaboration et la validation de cette réforme, tout comme les propositions de la CNAM visent à réduire le déficit de l’Assurance maladie.

Les assurés vivant hors de Suisse, et notamment les frontaliers affiliés à la LAMal, verront leurs mois d’assurance rattachés au canton de leur lieu de travail, ce qui peut influer sur le calcul des primes. D’après les estimations de la version initiale du projet, citées par Le Dauphiné, les primes pourraient augmenter de 65 % pour les frontaliers, même si cet effet devrait se déployer sur plusieurs années.

Des avis qui s’opposent

Si le Conseil d’État soutient la réforme, d’autres acteurs sont vent debout contre. Les associations de frontaliers, par exemple, s’opposent fermement, tout en soulignant l’importance de la retraite des frontaliers. Elles estiment que les frontaliers ne coûtent pas cher au système suisse, du fait de leur jeunesse, de leur bonne santé et de leur recours fréquent aux soins en France plutôt qu’en Suisse.

Les assureurs émettent aussi des réserves. Helsana, l’un des principaux assureurs suisses, a critiqué la solution retenue et propose plutôt un mécanisme tenant compte de l’âge et du sexe pour les assurés européens. Cette piste souligne la nécessité de concevoir un système qui prenne en compte les profils de risque sans pénaliser un groupe particulier.

Ce que ça peut coûter et comment ça peut évoluer

La perspective d’une hausse des prélèvements reste l’une des principales inquiétudes liées à la réforme. Les assureurs devront recalculer leurs coûts en fonction du profil de risque réel des assurés vivant hors de Suisse, ce qui pourrait peser lourd pour certains portefeuilles. À l’inverse, pour certains Suisses, notamment à Genève, la réforme pourrait entraîner une légère baisse des primes.

Même si la hausse paraît probable pour les frontaliers, il faut garder en tête que, malgré tout, les tarifs de l’assurance suisse restent généralement plus avantageux pour les travailleurs transfrontaliers. La comparaison avec le système de santé français, souvent moins coûteux pour certains soins, est un élément qui tempère l’équation économique pour les assurés.

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