Le 31 mai 2026, les résultats définitifs de l’essai international de phase III RASolute 302 ont été dévoilés lors du congrès de l’ASCO. Cette annonce a immédiatement attiré l’attention des spécialistes du cancer du pancréas. Depuis plusieurs décennies, les progrès thérapeutiques restent modestes dans cette pathologie dont le diagnostic intervient souvent tardivement. Dans ce contexte, les performances observées avec le daraxonrasib pourraient marquer un tournant majeur pour le cancer du pancréas avancé.
Des résultats de survie jamais observés avec le daraxonrasib
Les données présentées concernent 460 patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique dont la maladie avait progressé malgré un premier traitement. Les participants ont été répartis entre un traitement oral quotidien par daraxonrasib et une chimiothérapie standard. Selon les résultats dévoilés lors de l’ASCO 2026 et rapportés par Le Monde le 31 mai 2026, la survie globale médiane a atteint 13 mois et 6 jours avec le daraxonrasib contre seulement 6 mois et 21 jours avec la chimiothérapie. Cette différence représente pratiquement un doublement de la durée de survie.
Par ailleurs, les bénéfices du traitement ne se limitent pas à la survie globale. Le cancer du pancréas a également progressé moins rapidement chez les patients traités. Selon Doctissimo le 1er juin 2026, la survie sans progression a atteint 7,2 mois contre 3,6 mois avec la chimiothérapie conventionnelle. De plus, près d’un tiers des patients ont connu une réduction importante de leur tumeur, contre environ un patient sur dix dans le groupe témoin. Ces chiffres renforcent l’idée que le daraxonrasib agit directement sur les mécanismes biologiques responsables de la croissance tumorale.
Comment agit le daraxonrasib sur les tumeurs
L’intérêt du daraxonrasib repose sur sa capacité à cibler les mutations du gène KRAS, un acteur majeur du développement du cancer du pancréas. Plus de 90 % des adénocarcinomes pancréatiques présentent une anomalie de cette voie moléculaire. Selon TF1 Info le 15 avril 2026, le médicament se présente sous forme d’un comprimé quotidien capable de bloquer une protéine impliquée dans la prolifération incontrôlée des cellules cancéreuses.
Cette approche thérapeutique est considérée comme particulièrement innovante. Le professeur Jean-Yves Blay, président d’Unicancer, a déclaré sur Radio France, citation reprise par ELSAN le 17 avril 2026 : « on avait beaucoup de mal à trouver un médicament qui soit capable de bloquer » le RAS, « et voilà qui est fait ». Cette affirmation illustre l’importance scientifique de cette avancée dans le traitement du cancer du pancréas.
L’essai a également montré un profil de tolérance encourageant. Selon les données présentées à l’ASCO, seulement 3 % des patients ont interrompu le traitement en raison d’effets indésirables, contre 6 % dans le groupe chimiothérapie. Les effets secondaires observés concernaient principalement des éruptions cutanées, jugées généralement maîtrisables grâce à des traitements adaptés.
Un espoir qui pourrait dépasser cette seule maladie grâce au daraxonrasib
L’impact potentiel du daraxonrasib pourrait aller bien au-delà du cancer du pancréas. Les chercheurs soulignent que les mutations KRAS interviennent également dans plusieurs autres cancers, notamment certains cancers du poumon et du côlon. Selon The Guardian le 31 mai 2026, cette nouvelle génération d’inhibiteurs RAS pourrait ouvrir la voie à une véritable révolution thérapeutique dans plusieurs formes de cancers dépendants de cette voie moléculaire.
Les spécialistes restent toutefois prudents. Le professeur Pascal Hammel, cité par Radio France et repris par ELSAN le 17 avril 2026, a souligné : « on n’a jamais vu des résultats pareils dans cette maladie très grave ». Malgré cet enthousiasme, plusieurs étapes réglementaires restent nécessaires avant une disponibilité large du médicament. Revolution Medicines prévoit désormais de déposer des demandes d’autorisation auprès des autorités sanitaires américaines et internationales. Si le calendrier se confirme, certains experts évoquent une arrivée du traitement dans plusieurs pays dès 2027. Entre-temps, de nouveaux essais sont déjà en préparation afin d’évaluer le daraxonrasib chez des patients atteints d’un cancer du pancréas localisé et potentiellement opérable.


