Fatigue visuelle : un Français sur trois touché par les écrans

La fatigue visuelle n’est plus un simple inconfort de fin de journée. À l’occasion de la Semaine de la qualité de vie et des conditions de travail, l’AsnaV alerte sur un phénomène massif : 32 % des Français déclarent souffrir de fatigue visuelle, soit plus de 10 millions d’actifs concernés, selon le baromètre OpinionWay.

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Fatigue visuelle : un Français sur trois touché par les écrans
Fatigue visuelle : un Français sur trois touché par les écrans © Social Mag

L’Association nationale pour l’amélioration de la Vue a placé la fatigue visuelle au cœur du débat sur la santé au travail. En effet, la généralisation des écrans a profondément changé les postes, les rythmes et les risques. Or, cette contrainte reste encore marginale dans les politiques de prévention, alors qu’elle touche la concentration, la sécurité et la qualité de vie des salariés.

Un signal ignoré par les entreprises

La fatigue visuelle s’installe désormais dans une journée professionnelle largement numérisée. Selon Pourquoi Docteur, 80 % des emplois du secteur tertiaire impliquent un usage intensif des écrans. Par ailleurs, La Revue des Opticiens précise que 35 % des ouvriers utilisent aussi des outils numériques dans leur activité professionnelle, d’après des données Dares citées par l’AsnaV. Ainsi, le sujet déborde les bureaux et concerne également les métiers de terrain, les ateliers, la logistique ou les déplacements.

Cette fatigue visuelle se manifeste par des maux de tête, une vision floue, une baisse de concentration, des picotements ou des yeux secs. Pourtant, le décalage reste frappant. Les Français estiment passer 4 h 35 par jour devant les écrans, alors que l’exposition réelle dépasse 12 heures quotidiennes, selon le baromètre AsnaV. Dès lors, la santé visuelle devient un indicateur discret mais central de l’intensification du travail numérique.

Santé visuelle : le télétravail aggrave la fatigue visuelle

Le télétravail accentue la fatigue visuelle, car l’environnement domestique reste souvent moins contrôlé. Éclairage insuffisant, écran mal positionné, chaise inadaptée et pauses trop rares composent un cocktail défavorable. Selon Pourquoi Docteur, 44 % des télétravailleurs déclarent souffrir de troubles visuels spécifiques, notamment maux de tête, vision floue ou sécheresse oculaire. Ces troubles progressent lorsque les journées s’enchaînent sans véritable récupération visuelle.

La prévention demeure pourtant insuffisante. RCA indique que plus d’un salarié sur deux n’a pas été formé à l’adaptation de son poste à domicile. De plus, Pourquoi Docteur rappelle que seulement un Français sur deux a réalisé un contrôle visuel au cours des douze derniers mois. À cela s’ajoute un autre angle mort : 48 % des salariés ne portent pas systématiquement leur correction devant un écran, selon le baromètre AsnaV. Cependant, lorsque les recommandations sont transmises, 61 % des salariés modifient effectivement leur installation.

Fatigue visuelle, santé et sécurité : un enjeu au-delà de l’écran

La fatigue visuelle ne s’arrête pas à l’ordinateur. Elle accompagne aussi les déplacements professionnels, les trajets domicile-travail et la conduite de nuit. La Revue des Opticiens rapporte qu’entre 22 % et 25 % des conducteurs présentent un défaut visuel mal ou non corrigé. De plus, 68 % déclarent avoir déjà ressenti une gêne visuelle au volant, notamment la nuit ou par mauvais temps. Ainsi, la santé visuelle engage aussi la sécurité routière et la prévention des accidents.

L’AsnaV appelle donc les entreprises à organiser des journées d’information et de tests visuels pour les salariés, selon La Revue des Opticiens. La prévention passe aussi par des mesures simples : éclairage adapté, écran orientable, distance œil-écran équivalente à la longueur d’un bras, pauses régulières et règle du 20-20-20. « La fatigue visuelle reste encore l’un des angles morts de la prévention au travail », rappelle Véronique Morin, orthoptiste, opticienne et responsable scientifique et pédagogique de l’AsnaV, selon Pourquoi Docteur. Elle ajoute qu’investir dans la santé visuelle au travail revient à agir pour « la performance, la prévention des risques et la qualité de vie », selon la même source.

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