Le 6 juin 2026, une analyse publiée dans l’Australian Journal of General Practice a remis en question plusieurs fondements scientifiques utilisés pour justifier le maintien des antidépresseurs pendant de longues périodes. Cette publication intervient dans un contexte où les antidépresseurs concernent des millions de Français et où les prescriptions de longue durée restent fréquentes. Les auteurs appellent à une réévaluation régulière des traitements et à une meilleure distinction entre rechute de la maladie et symptômes de sevrage.
Antidépresseurs : des bénéfices à long terme désormais contestés chez les Français
Les antidépresseurs demeurent un outil thérapeutique majeur contre la dépression. Cependant, la nouvelle analyse australienne affirme que les preuves soutenant leur efficacité au-delà de douze mois reposent principalement sur des études dites de prévention des rechutes. Selon les chercheurs, ces travaux présentent une limite importante, ils ne distingueraient pas suffisamment les symptômes liés à l’arrêt du traitement d’une véritable réapparition de la dépression, selon l’Australian Journal of General Practice du 6 juin 2026.
D’après l’analyse, de nombreux essais cliniques ont interrompu les antidépresseurs de façon très rapide. Certains patients ont ainsi cessé leur traitement « en moyenne sur 4 jours », selon les chercheurs cités par Aufeminin le 9 juin 2026. Or, l’anxiété, l’insomnie ou encore les troubles de l’humeur qui peuvent apparaître après un arrêt brutal ressemblent parfois aux symptômes d’une rechute dépressive. Par conséquent, les auteurs estiment que certains résultats auraient pu surestimer les bénéfices d’un traitement prolongé.
Cette remise en question intervient alors qu’en Australie près d’une personne sur sept prend aujourd’hui des antidépresseurs, soit environ 3,9 millions de personnes, selon le Medical Journal of Australia. De plus, près d’un tiers des utilisateurs poursuivent leur traitement au-delà d’un an. Les chercheurs considèrent donc qu’une réévaluation régulière du rapport bénéfice-risque devient indispensable, notamment chez les patients traités depuis plusieurs années.
Quels risques pour les Français après plusieurs années de traitement ?
L’analyse australienne ne remet pas en cause l’utilité des antidépresseurs dans le traitement de la dépression. En revanche, elle attire l’attention sur plusieurs effets indésirables susceptibles d’apparaître lors d’une utilisation prolongée. Selon les auteurs, les troubles sexuels toucheraient entre 50 % et 80 % des utilisateurs, une estimation reprise notamment par Le Journal des Femmes le 6 juin 2026 et par Aufeminin le 9 juin 2026.
Les chercheurs évoquent également un « rétrécissement du spectre émotionnel », expression utilisée dans l’analyse et relayée par plusieurs médias français. Ce phénomène correspond à une diminution de la capacité à ressentir certaines émotions positives. Par ailleurs, des troubles cognitifs affectant la mémoire ou la concentration sont également mentionnés. Selon les auteurs, ces manifestations pourraient avoir un impact significatif sur la qualité de vie des patients utilisant des antidépresseurs depuis plusieurs années.
Chez les personnes âgées, les préoccupations sont encore plus importantes. L’étude souligne une augmentation potentielle du risque d’accidents vasculaires cérébraux, de chutes, de cataractes et de maladies cardiaques chez les plus de 65 ans, selon Medisite le 9 juin 2026. Les chercheurs rapportent également une hausse du risque de décès comprise entre 3 % et 4 % par an chez certains patients âgés recevant un traitement prolongé, selon cette même analyse. Toutefois, ces observations proviennent essentiellement d’études observationnelles et nécessitent des investigations complémentaires.
Vers une nouvelle approche pour les Français ?
L’un des principaux messages de cette publication concerne la nécessité de revoir régulièrement la pertinence du traitement. « Les chercheurs recommandent ainsi une réévaluation régulière des prescriptions, généralement tous les 6 mois », rapporte Aufeminin le 9 juin 2026. Cette recommandation vise à éviter ce que certains spécialistes décrivent comme une approche de prescription prolongée sans réexamen systématique.
Dans un communiqué publié le 3 juin 2026 par Adelaide University, le psychiatre Mark Horowitz a déclaré : « Ces études comparent généralement les patients qui poursuivent leur traitement à ceux qui l’arrêtent brutalement ou rapidement. Parce qu’elles ne distinguent pas les symptômes de sevrage du retour de la dépression, nous pensons que de nombreuses rechutes apparentes pourraient en réalité être des effets de sevrage du médicament. » Dans le même communiqué, la professeure Katharine Wallis a déclaré : «En tant que médecins généralistes, nous prenons davantage conscience des bénéfices limités et des dommages potentiels associés à l’utilisation à long terme des antidépresseurs ainsi que de la nécessité de reconsidérer l’approche consistant à prescrire ces médicaments puis à les oublier. »
Pour autant, aucun spécialiste ne recommande un arrêt brutal des antidépresseurs. Tous les experts interrogés dans les différentes publications insistent sur un point essentiel, toute modification du traitement doit être réalisée sous surveillance médicale. Les symptômes de sevrage peuvent être importants et parfois durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Ainsi, le débat actuel porte moins sur l’utilité des antidépresseurs que sur la durée optimale de leur utilisation et sur la nécessité d’un suivi plus rigoureux pour les millions de Français concernés.

