COVID long : des chercheurs identifient un mécanisme impliquant le cerveau

Le COVID long continue d’intriguer les chercheurs six ans après le début de la pandémie. Une nouvelle étude menée par des scientifiques de Yale apporte toutefois un élément majeur de compréhension : chez certains patients, les anticorps produits après l’infection par le virus ne cibleraient plus uniquement l’agent pathogène, mais également certaines structures du cerveau et du système nerveux. Une piste qui pourrait expliquer la persistance de symptômes parfois invalidants pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.

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COVID long : des chercheurs identifient un mécanisme impliquant le cerveau
COVID long : des chercheurs identifient un mécanisme impliquant le cerveau © Social Mag

Les chercheurs de l’Université de Yale ont publié une étude sur le COVID long. Ils avancent une hypothèse désormais étayée par des observations biologiques : une partie des personnes touchées par le COVID long développerait des auto-anticorps capables de se fixer sur des tissus nerveux. Cette réaction immunitaire anormale pourrait contribuer à expliquer les troubles cognitifs, les douleurs chroniques ou encore les problèmes d’équilibre fréquemment rapportés après une infection par le Covid-19. Selon les données récentes de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), le phénomène demeure loin d’être marginal et continue d’affecter une fraction significative de la population.

Le COVID long pourrait être lié à une erreur de ciblage des anticorps

Dans cette nouvelle recherche, les scientifiques de Yale ont comparé des échantillons sanguins provenant de patients atteints de COVID long, de personnes n’ayant jamais développé de séquelles après une infection au Covid-19 et de volontaires en bonne santé. Les résultats montrent que certains anticorps présents chez les patients souffrant de COVID long se fixent fortement sur des régions du cerveau impliquées dans la mémoire, la perception de la douleur, l’équilibre ou encore la régulation du système nerveux autonome, selon les informations rapportées par Presse-citron le 8 juin 2026. Cette observation renforce l’hypothèse d’un dérèglement immunitaire déclenché après l’infection par le virus.

Le COVID long est étudié depuis plusieurs années sous différents angles. Toutefois, cette piste auto-immune gagne en crédibilité car elle permettrait d’expliquer pourquoi certains malades continuent à présenter des symptômes alors même que le virus n’est plus détectable dans leur organisme. Selon l’Inserm, qui évoquait déjà dès le 9 novembre 2022 l’hypothèse d’une réponse immunitaire dérégulée, plusieurs mécanismes inflammatoires pourraient contribuer à maintenir des symptômes persistants longtemps après l’épisode aigu de Covid-19.

Des troubles neurologiques qui pourraient avoir une origine biologique

Les manifestations neurologiques constituent l’un des aspects les plus déstabilisants du COVID long. Brouillard cérébral, pertes de mémoire, difficultés de concentration ou fatigue intense figurent parmi les symptômes les plus fréquemment signalés. Les travaux de Yale suggèrent que ces troubles pourraient être liés à l’action directe d’auto-anticorps sur certaines structures nerveuses. Les anticorps prélevés chez les patients atteints de COVID long se sont révélés capables de reconnaître des tissus cérébraux humains et animaux lors d’expériences en laboratoire.

Cette hypothèse rejoint d’autres recherches publiées récemment. Le 29 juillet 2025, l’Institut Pasteur annonçait avoir observé la persistance d’ARN du SARS-CoV-2 dans le système nerveux central de modèles animaux jusqu’à 80 jours après la phase aiguë de l’infection. Les chercheurs avaient notamment détecté ces traces dans le tronc cérébral, une région essentielle à de nombreuses fonctions vitales. Selon l’Institut Pasteur, cette persistance du virus pourrait contribuer à perturber durablement l’activité neuronale et alimenter certains symptômes observés dans le COVID long.

Le COVID long reste un enjeu sanitaire majeur malgré le recul de la pandémie

Alors que l’attention médiatique autour du Covid-19 s’est largement réduite, les données épidémiologiques montrent que le COVID long demeure une réalité pour de nombreux patients. D’après une étude publiée par l’INSPQ le 4 juin 2026, environ 3 % des adultes québécois présentaient encore des symptômes compatibles avec un COVID long lors des enquêtes menées entre 2023 et 2024. La durée médiane des symptômes dépassait un an après une première infection, ce qui signifie que la moitié des personnes concernées restaient malades au-delà de douze mois. Le risque de développer un COVID long après une première infection était estimé à environ 8 %.

Les chiffres sont encore plus marqués chez les professionnels de santé. Selon l’INSPQ, près de 6 % du personnel de santé interrogé présentait des symptômes persistants en 2023. L’enquête a porté sur environ 22 000 professionnels. Parmi les personnes atteintes de COVID long, 35 % déclaraient souffrir fréquemment de problèmes de concentration ou d’attention, tandis que cette proportion atteignait 70 % dans les formes les plus sévères. Le risque global de développer un COVID long après une première infection était évalué à environ 15 % dans cette population.

Ces nouvelles observations ne permettent pas encore d’expliquer tous les cas de COVID long. Elles apportent néanmoins un argument supplémentaire en faveur d’une origine biologique précise des symptômes, longtemps difficiles à caractériser. En identifiant le rôle potentiel des auto-anticorps et du système immunitaire dans les atteintes neurologiques observées après une infection par le virus, les chercheurs espèrent désormais ouvrir la voie à des traitements plus ciblés contre le COVID long.

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