L’Italie veut lutter contre les piétons accros aux smartphones

L’Italie s’apprête à sanctionner d’une amende de 75 euros les piétons qui utilisent leur smartphone en traversant la route.

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L’Italie veut lutter contre les piétons accros aux smartphones © Social Mag

En Italie, traverser la rue tout en consultant son smartphone pourrait bientôt coûter 75 euros. Cette nouvelle mesure, incluse dans l’avant-projet du Code de la route soumis aux associations sectorielles avant le 13 septembre 2026, vise à sensibiliser les piétons au phénomène croissant des « smombies » : ces usagers absorbés par leur écran au point d’ignorer les dangers environnants. Derrière cette sanction se cache un enjeu plus large : la sécurité collective face à la dépendance numérique.

Les smombies et la sécurité urbaine

Le terme « smombie », mélange de smartphone et zombie, désigne ces piétons qui traversent les yeux fixés sur leur écran, inconscients de leur environnement. Ce comportement constitue un risque majeur en zone urbaine. Le projet de réforme italien interdit l’utilisation de tout appareil électronique lors de la traversée ou de la marche sur la chaussée, à l’exception du haut-parleur et des écouteurs qui permettent d’entendre correctement des deux oreilles. Consulter ses messages, répondre à un appel ou naviguer sur les réseaux sociaux sont autant de réflexes qui diminuent l’attention et augmentent le temps de réaction. La distraction numérique, autrefois associée principalement aux conducteurs, concerne désormais tous les usagers de la route.

Les environnements urbains présentent des risques accrus avec leur circulation dense et leurs nombreuses sollicitations. Les jeunes générations, nées avec le téléphone à portée de main, sont particulièrement vulnérables, leur rapport au smartphone les poussant à rester connectés en permanence, même dans des situations à risque. L’amende de 75 euros s’applique aussi bien sur les passages piétons qu’en dehors. Le texte italien autorise l’utilisation du téléphone uniquement en cas d’urgence et sur les trottoirs, créant ainsi une distinction claire entre zones sécurisées et zones à risque.

Vers une responsabilité partagée

La sanction financière est un signal fort, mais l’objectif est plus large que la simple répression. La réforme italienne oblige également les piétons à vérifier que les conducteurs les ont vus et sont prêts à s’arrêter avant de traverser. Les mouvements brusques ou imprévisibles sont interdits, sauf en cas de nécessité absolue. Cette logique de responsabilité partagée redéfinit les équilibres du Code de la route.

La distraction numérique ciblait principalement les automobilistes, mais l’étendre aux piétons reconnaît que la sécurité routière concerne tous les usagers. La Cour de Cassation italienne a établi en 2023 qu’un comportement imprévisible du piéton peut décharger le conducteur de sa responsabilité, instaurant ainsi une approche plus équilibrée.

Roberto Merli, président de l’association Condividere la strada della Vita, soutient fermement cette mesure. Selon lui, « Le piéton doit aussi respecter les règles de la route et ne pas utiliser son dispositif mobile en marchant. L’innovation que veut introduire le gouvernement me semble le minimum ». Il rappelle que les accidents touchent également les familles des conducteurs impliqués, qui doivent vivre avec le poids d’un accident qu’ils n’ont pas provoqué.

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