Plusieurs voitures immatriculées en Île-de-France ont été volontairement rayées ces dernières semaines dans le Finistère sud. Sur leur carrosserie, des messages hostiles ont été gravés à même la tôle ou peints à la bombe aérosol.
Parigot, dehors gravé sur une portière
À Plobannalec-Lesconil, commune du pointe sud du Finistère, deux véhicules ont été ciblés. Sur l’un, à la peinture rouge, l’inscription Parigot, dehors a été tagué directement sur la carrosserie. Sur une voiture noire garée non loin, la portière arrière a été abîmée et l’inscription « Non aux Parisiens » gravée sur le flanc, fautes d’orthographe comprises.
D’autres véhicules, presque tous immatriculés dans les départements 75, 92 et 94, ont eu les pneus crevés. Des tags « Bretagne aux Bretons » ont également été relevés dans le secteur.
Le maire de la commune, Loïc Le Fur, a publié les photos des dégradations sur la page Facebook municipale. « Au-delà des dégâts matériels, c’est surtout l’esprit de ces actes qui nous choque profondément », a-t-il écrit, avant d’ajouter : « Notre commune a toujours été, et doit rester, une commune ouverte, accueillante et respectueuse de chacun, quelle que soit son origine, son lieu de résidence ou la raison de sa présence parmi nous ».
Dans un entretien accordé à Ouest France, l’édile a nuancé son propos en évoquant « les incivilités des uns et des autres » et en rappelant que, « quand on est vacanciers, il ne faut pas venir en terrain conquis non plus ».
Deux jours plus tard, des faits similaires ont été signalés à Penmarc’h, commune voisine du Pays Bigouden. Un tag a été découvert sur un mur, avec le message « Tourists go home, refugees welcome ». Le maire David Le Berre l’a qualifié de « tag anti-tourisme et xénophobe » et a promis de l’effacer rapidement.
« C’est sidérant », a-t-il réagi, rappelant que le Pays Bigouden est « une terre ouverte et accueillante » et que « personne n’a à justifier sa présence dans l’espace public ».
Le même été, une joggeuse qui n’était pas résidente de la commune a été prise à partie verbalement par des habitants, qui lui ont demandé si elle était d’ici avant de l’insulter. Quelques jours avant les faits de Penmarc’h, à Plogoff, une pancarte portant l’inscription Parisiens dehors !!! avait déjà été déposée sur la voie publique.
Ces actes, qualifiés d’inacceptables et de xénophobes par les édiles des deux communes selon des informations recueillies par 20 Minutes, restent marginaux. Dans un communiqué, la mairie de Penmarc’h a estimé que ces actes entachent l’image d’accueil qui fait la fierté de la région. Aucun auteur n’a été identifié à ce jour.



