Travailler dans un pays étranger tout en vivant dans son pays d’origine, c’est le quotidien de nombreux travailleurs frontaliers. La Suisse attire particulièrement ces dernières années grâce à ses salaires élevés et à sa stabilité économique. Pourtant, au moment de partir à la retraite, certains découvrent de mauvaises surprises — le système, malgré ses atouts, peut dérouter. Il est donc important de bien comprendre les rouages du système de retraite suisse pour éviter les déconvenues.
La retraite quand on travaille de l’autre côté de la frontière
Les accords bilatéraux entre la France et la Suisse permettent aux résidents français qui ont travaillé en Suisse de conserver leurs droits à la retraite. Le système autorise ainsi à vivre en France, à payer ses impôts dans l’Hexagone, tout en percevant une pension de retraite suisse (en toute légalité). Le montant final de cette pension dépend de plusieurs éléments : la durée des cotisations en Suisse, le niveau de revenu salarial, et les différents piliers du système auxquels on a cotisé, qu’ils soient obligatoires ou non.
Le système suisse en trois piliers
Le système suisse de retraite se compose de trois piliers, chacun ayant un rôle précis dans la constitution des pensions, explique le journal Pleine Vie.
Premier pilier — AVS (Assurance Vieillesse et Survivants)
Créé en 1946, le premier pilier, l’Assurance Vieillesse et Survivants (AVS), est obligatoire. Il vise à garantir les besoins fondamentaux à la retraite des travailleurs suisses. Ce système fonctionne par répartition : les actifs financent les pensions des retraités. En Suisse, toute personne est automatiquement affiliée à l’AVS dès l’âge de 17 ans, dès qu’elle travaille.
Deuxième pilier — Prévoyance professionnelle (LPP)
Mis en place en 1985, le second pilier, la Prévoyance professionnelle (LPP), a pour but de maintenir le niveau de vie des retraités. Ce pilier est obligatoire pour les salariés suisses gagnant au moins 20 004,30 € par an (21 510 CHF). Il fonctionne par capitalisation : chaque salarié cotisant met de côté des fonds qui seront versés à la retraite.
Troisième pilier — épargne personnelle
Le troisième pilier correspond à l’épargne personnelle. Il est facultatif, mais fortement recommandé. Cette épargne individuelle, souscrite via une banque ou un assureur, permet d’ajouter un revenu supplémentaire à la retraite, qui peut varier entre 600 € et 2 000 € par mois selon le montant investi.
Exemple concret
Prenons l’exemple d’une personne ayant commencé sa carrière en Suisse à 20 ans et cotisé pendant 44 ans, avec un salaire annuel moyen de 84 369,60 € (90 720 CHF). Une telle personne pourrait prétendre à la rente AVS maximale de 2 343,60 € mensuels (2 520 CHF). À cela s’ajoutent la pension complémentaire de la LPP et toute épargne du troisième pilier, ce qui permettrait de dépasser nettement la moyenne des retraités suisses.
Les accords bilatéraux franco-suisses garantissent que les expatriés français bénéficient des mêmes droits que les travailleurs suisses. Néanmoins, il faut s’y préparer tôt : les deux pays réforment régulièrement leur système de retraite. Vérifier son contrat, notamment pour les obligations liées au troisième pilier en cas de départ de Suisse ou de changement d’activité professionnelle, reste nécessaire.






