Beaucoup de retraités suisses décident de quitter la Suisse pour s’installer à l’étranger, un phénomène en nette progression en 2023. La principale motivation ? L’argent : les pensions perçues ne permettent plus toujours de maintenir un niveau de vie confortable. Du coup, l’expatriation s’impose comme une solution pour profiter d’une retraite paisible à moindre coût.
Un système de retraite en difficulté
Le modèle suisse repose sur trois piliers : l’Assurance vieillesse et survivants (AVS), le deuxième pilier et l’épargne individuelle. Pourtant, même combinées, ces ressources laissent de nombreux retraités dans l’embarras. Par exemple, un retraité percevant un total de 2400 francs suisses par mois peut se retrouver en difficulté pour couvrir ses dépenses quotidiennes.
Cette problématique touche particulièrement ceux qui ont travaillé dans des secteurs saisonniers comme la restauration ou l’hôtellerie. Ces ruptures de carrière entraînent des cotisations insuffisantes au deuxième pilier, réduisant considérablement la somme versée à la retraite. Les retraités modestes peuvent rencontrer des difficultés similaires en raison de pensions insuffisantes.
La rente en capital, une alternative
Face à ces insuffisances, certains seniors préfèrent opter pour le retrait total de leur capital de pension, une décision similaire à l’abandon de l’assurance-vie par d’autres retraités. En 2023, près de 41% des nouveaux retraités suisses ont fait le choix de récupérer leur épargne en une seule fois. Cela leur permet de disposer d’une somme d’argent conséquente, pour s’installer dans un pays où le coût de la vie est moins élevé.
En effet, vivre en Suisse est cher, et nombreux sont ceux qui estiment ne plus pouvoir vivre décemment avec leur pension, rendant une retraite confortable difficile à atteindre. Un retraité a même confié : « Avec ma retraite, je ne peux plus vivre en Suisse ».
Les destinations favorites
Les pays européens comme la France, l’Espagne ou le Portugal figurent parmi les destinations les plus prisées par les seniors suisses en quête d’un meilleur pouvoir d’achat. Ces pays offrent non seulement un cadre de vie agréable mais aussi des coûts de vie largement plus bas qu’en Suisse. Par exemple, en Italie, un retraité peut vivre confortablement avec seulement 1200 euros par mois.
Cependant, choisir de s’expatrier comporte aussi son lot de défis, notamment les tarifs de santé en hausse, qui peuvent peser lourdement sur le budget des retraités. S’adapter à une nouvelle vie signifie apprendre à se repérer dans un environnement inconnu, reconstruire un cercle social et se confronter à de nombreuses démarches administratives.
Penser à l’avenir
Ce phénomène grandissant d’expatriation parmi les retraités suisses pose la question de la viabilité du système de retraite actuel et de ce qui doit être mis en place pour que les futurs retraités puissent vivre dignement ici. Alors que le nombre de seniors optant pour l’expatriation augmente chaque année, il revient aux décideurs politiques et économiques de réfléchir à des solutions pour que chacun puisse jouir pleinement de ses années de retraite après avoir tant contribué à la société.
L’enjeu n’est pas seulement financier, mais aussi social : il s’agit de permettre à chacun de profiter sereinement de sa retraite sans avoir à partir pour des raisons strictement monétaires.

