Laura Prieto explique qu’elle gagne en deux heures et demie ce qu’elle gagnait en une journée entière en Espagne, et qu’aller travailler est du coup beaucoup moins une corvée pour elle, rapporte le magazine Marie France. Laura Prieto est une jeune Espagnole installée en Norvège, où elle travaille comme femme de ménage dans un hôtel à Tromsø, ville du nord du pays.
Sur son compte TikTok, @laurapriiieto, elle raconte régulièrement son quotidien et compare ses conditions actuelles à celles qu’elle connaissait avant son départ. Elle exerce aussi une seconde activité, guide touristique, un cumul qu’elle envisage encore d’étoffer. Le métier de femme de ménage en hôtel reste physiquement exigeant, mais le niveau de salaire change, dit-elle, sa façon de le vivre.
Cette différence de rémunération est assez marquée pour qu’elle songe à ajouter un emploi supplémentaire à son planning, sans pour autant retrouver ses anciens horaires. En Norvège, les emplois à temps partiel sont fréquents, en particulier chez les jeunes, contrairement à l’Espagne où les contrats penchent plutôt vers le mi-temps ou le temps plein.
Un salaire moyen norvégien parmi les plus élevés d’Europe
Les chiffres donnent une idée de l’écart. Au deuxième trimestre 2026, le salaire mensuel moyen norvégien atteignait 63 700 couronnes, soit environ 5 895 euros, et le salaire de base moyen s’établissait à 58 970 couronnes, environ 5 457 euros. La Norvège fait partie des pays européens où les rémunérations moyennes sont parmi les plus hautes, avec un niveau de vie supérieur à celui de nombreux voisins.
Le coût de la vie y est aussi plus élevé qu’en Espagne, ce qui a obligé Laura Prieto à revoir certaines habitudes. Elle affirme malgré tout parvenir à épargner davantage que ce qu’elle pourrait probablement mettre de côté en Espagne dans un métier comparable.
Il n’existe pas de salaire minimum national unique en Norvège, mais certaines branches, dont le nettoyage, disposent de règles fixées par des conventions collectives. Les revenus dans ce secteur dépendent ensuite du statut du travailleur, du nombre d’heures effectuées, du type de contrat, de la région et des conditions négociées avec l’employeur.
En Espagne, où le salaire minimum a progressé ces dernières années, les métiers de services et de nettoyage restent globalement moins rémunérés, et l’écart avec les pays nordiques demeure significatif.
Le parcours de Laura Prieto s’ajoute à une mobilité professionnelle plus large en Europe : chaque année, des travailleurs changent de pays pour chercher de meilleurs salaires ou de meilleures conditions, et les métiers de services sont particulièrement concernés.
En 2026, 13 159 ressortissants espagnols vivaient en Norvège, dont 7 287 hommes et 5 872 femmes. La Norvège ne fait pas partie de l’Union européenne, mais son appartenance à l’Espace économique européen simplifie l’installation des ressortissants du continent. Les citoyens de l’UE et de l’EEE peuvent y rester jusqu’à six mois pour chercher un emploi, à condition de s’inscrire comme demandeurs avant la fin du troisième mois.
Reste que vivre dans le nord de la Norvège suppose de composer avec le froid et des journées particulièrement courtes en hiver, à Tromsø comme ailleurs dans la région.



