Sur BFMTV, dimanche 13 septembre 2026, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a tranché net, affirmant qu’il était hors de question de geler ce qu’on appelle le barème. Face aux spéculations sur le prochain budget, elle a assuré que l’exécutif proposerait « l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation complète, pas en partie ».
La précision n’est pas anodine. L’an dernier, le gouvernement avait justement défendu un gel du barème pour le budget 2026, une mesure censée rapporter 2 milliards d’euros supplémentaires à l’État, mais qui aurait aussi rendu 200 000 foyers de plus imposables. Le Parlement n’avait pas suivi : le barème avait finalement été revalorisé de 0,9 %, et la loi de finances adoptée par le biais de l’article 49-3, le 2 février 2026.
Un barème calé sur 2 % d’inflation hors tabac
Pour 2027, le calcul s’appuiera sur la prévision d’inflation actualisée par l’Insee le 10 septembre 2026 : 2,1 % sur l’ensemble de l’année, un chiffre qui grimpe même à 2,9 % en décembre sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie. Mais c’est un autre chiffre que retiendra l’État pour revaloriser le barème : 2 %, une fois la composante tabac retirée.
Sur cette base, les seuils des cinq tranches progresseraient ainsi, selon des calculs de MoneyVox encore théoriques à ce stade :
- exonération jusqu’à 11 832 euros,
- 11 % de 11 833 à 30 091 euros,
- 30 % jusqu’à 86 269 euros,
- 41 % jusqu’à 185 555 euros,
- et 45 % au-delà.
Des montants qui ne deviendront officiels qu’avec la présentation du projet de loi de finances 2027, attendu au Parlement au plus tard le 6 octobre 2026.
Bregeon a justifié ce choix par les conséquences mécaniques d’un gel : « une hausse d’impôts pour l’ensemble des Français ». À l’inverse, l’indexation complète pourrait même produire l’effet inverse pour une partie des contribuables. Selon la porte-parole, ceux dont les revenus n’ont pas progressé au même rythme que les prix profiteraient d’« une petite baisse d’impôt (…) parce que vous augmentez légèrement l’ensemble des tranches sur la base de l’inflation ».
Concrètement, un célibataire déclarant 30 000 euros de revenu net imposable, actuellement taxé à 30 % au-delà de 29 579 euros, resterait sous le nouveau seuil de 30 091 euros et échapperait à cette tranche supérieure. Le seuil d’entrée dans l’impôt, lui, passerait de 11 600 à 11 832 euros, de quoi faire basculer certains foyers modestes dans la non-imposition s’ils ne perçoivent aucune augmentation.
Pour les couples et les familles, le principe reste identique, à ceci près que le revenu est divisé par le nombre de parts fiscales avant application du barème, chaque enfant à charge comptant pour une demi-part. Reste à savoir si ces projections resteront inchangées une fois le budget déposé au Parlement début octobre.
