Travail à l’étranger : êtes-vous sûr de votre retraite ?

Travailler à l’étranger peut sembler attrayant, mais saviez-vous que vos années hors de France peuvent disparaître de votre relevé de carrière ? Ne laissez pas ces trimestres vous filer entre les doigts.

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Les périodes de travail à l'étranger : un enjeu important pour votre retraite
Travail à l’étranger : êtes-vous sûr de votre retraite ? © Social Mag

Avec la mondialisation bien installée, de plus en plus de Français se lancent dans l’aventure de travailler hors de nos frontières. Pourtant, cette expérience à l’international n’est pas toujours de tout repos quand il s’agit de faire le point sur sa retraite. En effet, les périodes passées à l’étranger ne s’ajoutent pas automatiquement au relevé de carrière, et cela peut bien jouer sur le montant de votre future pension.

L’oubli des périodes à l’étranger

Beaucoup de Français qui ont bossé à l’étranger se retrouvent avec des pauses professionnelles sur leur relevé de carrière. Ces manques correspondent souvent à des emplois exercés hors de France qui n’ont pas été enregistrés. Cela touche notamment ceux qui ont signé un contrat local, les expatriés en dehors de l’Union européenne, et ceux qui ont des carrières incomplètes.

Ce souci se traduit par une baisse du nombre de trimestres validés, ce qui peut, par la suite, retarder l’âge légal de départ ou réduire le taux plein auquel vous pourriez prétendre.

Les accords internationaux et la prise en compte des trimestres

Si vous avez travaillé dans l’Union européenne, l’Espace économique européen ou en Suisse, pas de panique : vos périodes de travail sont automatiquement reconnues. Pour le reste du globe, tout dépend qu’une convention bilatérale de sécurité sociale soit signée entre la France et le pays concerné.

Il existe des accords avec plusieurs pays, comme le Canada, les États-Unis, le Maroc et l’Algérie, qui permettent souvent de faire valoir une partie de vos périodes à l’étranger. Cela signifie que même si ces périodes ouvrent des droits, elles ne figurent pas toujours dans le calcul final du montant de votre pension.

Voici quelques exemples pour mettre les choses au clair :

  • En Allemagne, Espagne et Italie, la validation se fait automatiquement
  • Aux États-Unis et au Canada, l’accord bilatéral existe, mais la validation peut s’effectuer de façon partielle
  • Au Maroc, en Algérie et en Tunisie, même avec un accord, la prise en compte complète n’est pas toujours garantie pour le calcul du montant
  • Dans des pays comme l’Australie ou le Brésil, les conventions sont soit assez limitées, soit inexistantes, ce qui rend la cotisation à la CFE fortement recommandée
  • Le cas du Royaume-Uni après le Brexit est particulier : seules les périodes antérieures à 2021 sont reconnues

Régulariser sa situation et réunir les bons dossiers

Pour ne pas se faire surprendre par ces oublis sur votre relevé de carrière, il vaut mieux agir rapidement. Vous devrez réunir plusieurs documents comme :

  • des attestations de l’employeur étranger,
  • vos bulletins de salaire,
  • vos contrats de travail,
  • ainsi que les certificats de fin d’emploi.

N’oubliez pas de prouver que vous avez cotisé à un régime local ou à la CFE. Ne pas agir pourrait vous faire perdre des trimestres indispensables pour prétendre à une retraite complète et pourrait aussi fausser la durée d’assurance prise en compte pour les retraites complémentaires. Avec le temps, retrouver ces preuves peut vite se transformer en casse-tête.

Conseils pour éviter les mauvaises surprises

Il est conseillé aux travailleurs internationaux de vérifier régulièrement leur relevé de carrière – disons, tous les deux ans – et de conserver précieusement tous les documents liés à leurs emplois effectués à l’étranger. Avant de partir, renseignez-vous sur les modalités proposées par la CFE : c’est toujours utile pour comprendre les règles essentielles. En cas de doute sur votre situation personnelle, n’hésitez pas à consulter un conseiller retraite ou à demander un coup de main auprès d’un service d’assistance sociale.

Gérer activement ses périodes de travail hors de France n’est pas seulement un droit, c’est aussi une nécessité dans un climat de réformes successives et d’exigences toujours plus strictes concernant la durée d’assurance. Un petit coup d’œil régulier permet d’éviter que des erreurs administratives ne pèsent lourd sur vos finances à long terme.

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