Selon Dawn Mussallem, oncologue intégrative à la Mayo Clinic et membre du conseil scientifique d’IM8, dans un entretien accordé au magazine américain Parade en novembre 2025, chaque bouchée peut garder en bonne santé ou tuer.
Alors que les cas de cancer augmentent, l’alimentation occupe une place centrale dans la prévention de la maladie, selon la spécialiste. Elle a survécu à un cancer de stade IV il y a 25 ans. « Ayant survécu à un cancer il y a 25 ans, je suis consciente de la valeur de mon énergie et de ma santé. Mes choix alimentaires sont ma façon de profiter pleinement de cette vie miraculeuse », confie-t-elle.
Quatre catégories d’aliments méritent d’être réduites drastiquement, selon l’oncologue. Les viandes transformées (charcuteries, saucisses, bacon, jambon industriel) sont classées cancérogènes par l’Organisation mondiale de la santé et augmentent notamment le risque de cancer colorectal. Les produits ultra-transformés, souvent riches en additifs, en graisses de mauvaise qualité et en sucres cachés, favorisent un état pro-inflammatoire chronique.
Les aliments riches en graisses saturées, comme certaines viandes rouges et les fritures, perturbent le métabolisme cellulaire. L’alcool, enfin, a des effets cancérogènes désormais prouvés scientifiquement, même à faibles doses.
Mussallem explique qu’il a été prouvé qu’une alimentation riche en graisses, viandes transformées et pauvre en fruits et légumes favorise l’installation d’un état pro-inflammatoire, facteur de risque de cancer.
Les polyphénols, alliés recommandés par les oncologues
Face à cette liste noire, une famille de composés végétaux revient dans la bouche des trois oncologues interrogés par Parade : les polyphénols. Présents dans les fruits, légumes, herbes, épices, thé, café et cacao, ils agissent comme antioxydants et anti-inflammatoires puissants. Une étude récente les décrit comme capables de réguler les processus cellulaires impliqués dans le développement et la progression du cancer.
Mussallem cite en particulier les légumes crucifères (brocoli, chou, chou-fleur), les fruits rouges comme les myrtilles et les framboises, le basilic, l’ail, le thé vert et les agrumes, ainsi que des épices telles que le curcuma, le romarin et le gingembre. « J’ajoute des fruits rouges, des légumes verts et des épices à chaque repas », précise-t-elle.
Une équipe internationale de chercheurs, citée par le Journal des Femmes, évalue à 20 % la réduction possible de l’incidence du cancer grâce à l’intégration de fruits et légumes variés dans l’alimentation. Consommés régulièrement, les polyphénols ont montré une réduction du risque de plusieurs cancers, notamment colorectal et digestif.
L’Organisation mondiale de la santé estime, de son côté, que 30 à 50 % des cancers pourraient être évités grâce à une alimentation équilibrée et de bonnes habitudes de vie.
Pas besoin de viser la perfection, insiste l’oncologue, qui rappelle qu’il ne s’agit pas de manger parfaitement tout le temps, mais de faire des choix sains la plupart du temps. Elle recommande de privilégier les produits bruts et peu transformés, de cuisiner à la maison, et suggère des smoothies verts, des salades colorées ou des fruits rouges ajoutés aux céréales pour intégrer les polyphénols au quotidien. « Mieux vaut cuisiner à la maison et savourer ses repas », ajoute-t-elle.
Latonya Riddle-Jones, médecin interniste et pédiatre également interrogée par Parade, applique cette logique dans son potager, où poussent épinards, chou frisé, chou et diverses salades. Elle glisse ensuite ces légumes dans ses smoothies, et même dans sa sauce tomate pour spaghettis.






