Cette professeure touchait près de 6000€ par mois en arrêt maladie depuis 17 ans : l’administration vient de la mettre à la retraite de force

17 ans d’arrêt maladie, plein salaire versé sans la moindre visite médicale. Comment une telle situation a-t-elle pu durer aussi longtemps sans que personne ne s’en aperçoive ? La suite est ahurissante.

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Cette professeure touchait près de 6000€ par mois en arrêt maladie depuis 17 ans : l'administration vient de la mettre à la retraite de force
Cette professeure touchait près de 6000€ par mois en arrêt maladie depuis 17 ans : l’administration vient de la mettre à la retraite de force © Social Mag

Une enseignante allemande de 62 ans vient d’être mise à la retraite d’office après avoir été en arrêt maladie pendant près de 17 ans. Durant tout ce temps, elle a continué de percevoir l’intégralité de son salaire, entre 5 000 et 6 000 euros par mois.

L’histoire, révélée par le quotidien allemand Bild, se déroule au lycée professionnel de Wesel, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Titulaire de la fonction publique, l’enseignante y a travaillé de 2003 à 2009, avant d’être placée en arrêt pour un trouble psychique. Son arrêt a ensuite été renouvelé année après année.

Selon la grille salariale, elle touchait précisément entre 5 051 et 6 174 euros mensuels. Dans cette région d’Allemagne, les fonctionnaires perçoivent l’intégralité de leur rémunération indéfiniment, même en cas de maladie prolongée.

Pendant ces 17 années, aucune inspection n’a jamais été ordonnée par l’administration. L’enseignante n’a pas remis les pieds dans son établissement, au point que le proviseur actuellement en poste ignorait jusqu’à son nom.

Une pension minimale, loin de son ancien salaire

La situation a fini par se débloquer en avril 2025, quand l’enseignante a été convoquée pour un examen médical. Elle a tenté de faire annuler cette convocation en justice, sans succès. L’examen a conclu qu’une reprise du travail dans les six mois n’était pas envisageable.

Fin mai 2026, la préfecture de Düsseldorf a ordonné sa mise à la retraite. Conséquence directe : elle ne touchera plus que la pension minimale, ce qui représente une perte de 1 500 à 2 000 euros par mois par rapport à son ancien salaire.

L’enseignante refuse cette décision. En juin 2026, elle a engagé une procédure judiciaire pour contester sa mise à la retraite et exige le versement intégral de son salaire. Selon Bild, la préfecture doit d’abord répondre à cette plainte. Une porte-parole de la préfecture de Düsseldorf a précisé au journal ce qu’il adviendrait en cas de succès du recours : « Si le recours du fonctionnaire contre sa mise à la retraite aboutit, le salaire retenu devra être versé rétroactivement. »

Autre volet de l’affaire : la justice soupçonne l’enseignante d’avoir exercé comme naturopathe pendant son congé maladie. En 2011, elle avait mis au point une crème pour les mains destinée aux peaux sèches avec sa partenaire. Le duo avait présenté ce produit lors d’un concours, où il avait décroché la troisième place et un prix de 5 000 euros.

Un tel dispositif n’a pas d’équivalent en France, où un arrêt maladie est considéré comme longue durée au-delà de six mois, selon Cadremploi.fr. Les indemnités journalières liées à une affection de longue durée y sont en principe limitées dans le temps, avec des droits qui s’épuisent généralement au bout de trois ans, sauf ouverture d’une nouvelle période.

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