« C’est plutôt une bonne chose, mais il ne faut pas aller plus loin » : le patron d’Edenred fixe la limite dans l’utilisation des titres-restaurant

Titres-restaurant utilisables le dimanche, courses en supermarché facilitées : la réforme s’annonce, mais le PDG d’Edenred pose déjà ses conditions. Jusqu’où ira vraiment ce dispositif sans perdre son sens ?

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« C'est plutôt une bonne chose, mais il ne faut pas aller plus loin » : le patron d'Edenred fixe la limite dans l'utilisation des titres-restaurant
« C’est plutôt une bonne chose, mais il ne faut pas aller plus loin » : le patron d’Edenred fixe la limite dans l’utilisation des titres-restaurant © Social Mag

Sur BFM Business, Bertrand Dumazy, PDG d’Edenred, l’entreprise propriétaire de la marque Ticket Restaurant, a donné le ton avant même que le texte n’arrive au Parlement, jugeant que la réforme lui paraît équilibrée mais qu’il ne faut pas aller plus loin.

La réforme doit être discutée au Parlement à la rentrée 2026. Elle poursuit plusieurs objectifs : rendre définitive la possibilité d’utiliser les titres-restaurant pour acheter des produits alimentaires en supermarché, et élargir leur usage à tous les salariés le dimanche, un jour où seule une partie d’entre eux peut en profiter.

Sur le premier point, Dumazy se montre plutôt conciliant, à condition que le cadre reste strict. Il a expliqué que la pérennisation concerne des produits alimentaires non directement ingérables, comme des œufs ou de la farine, que c’est plutôt une bonne chose, mais qu’il faut faire très attention.

Il rappelle que le financement du dispositif n’est pas neutre : « C’est quand même le patron qui paie une partie, et il paie pour un repas équilibré au travail et non en dehors du travail. Il faut bien garder les limites, sinon le système n’aura plus d’intérêt pour celui qui le finance. »

Cette disposition sur les produits non ingérables existe déjà depuis 2022, à titre temporaire, et a été prorogée chaque année depuis. Rien n’oblige d’ailleurs un employeur à distribuer des titres-restaurant à ses salariés : c’est une démarche volontaire, financée à hauteur de 50 % à 60 % par l’entreprise, le reste étant à la charge du salarié. La contribution patronale bénéficie d’une exonération de cotisations de Sécurité sociale.

Le gouvernement veut trancher par décret

Le texte a été déposé à l’Assemblée nationale le 9 juin par Christophe Naegelen, député et président du groupe indépendant Liot. Son dépôt a pris du retard en raison de l’instabilité gouvernementale.

Le ministre du Commerce, Serge Papin, défend ouvertement la mesure sur les courses en supermarché, qu’il qualifie de « mesure de liberté » et de pouvoir d’achat. Pour l’extension au dimanche, il considère que la question relève du niveau réglementaire plutôt que législatif, et promet de faire passer un décret « aussitôt que la loi sera votée », pour une mise en œuvre annoncée d’ici la fin de l’année 2026.

Les restaurateurs, eux, rejettent en bloc l’ouverture aux supermarchés, qu’ils voient comme un manque à gagner direct pour leur secteur. Le titre-restaurant, dans son principe d’origine, devait financer le repas pris pendant la journée de travail, pas les courses du foyer.

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