« Un code peut s’oublier, pas votre doigt », assure Frédéric Martinez, responsable marketing produit chez Thales, interrogé par TF1. Avec la carte bancaire biométrique, plus besoin de taper son code secret à la caisse : il suffit au client d’apposer son empreinte digitale sur un capteur intégré directement à la carte pour valider son paiement.
Mise au point par le groupe français Thales, cette carte a obtenu en 2026 l’agrément du réseau CB, fondé sur le standard de sécurité CPACE. Elle fonctionne sur les terminaux de paiement déjà installés chez les commerçants, sans matériel supplémentaire. Autre promesse : plus aucun plafond de montant en paiement sans contact, là où une carte classique reste bridée à 50 euros par transaction.
Concrètement, un petit capteur situé sur la face de la carte accueille le pouce ou l’index. Au moment de payer, la puce compare l’empreinte posée à celle enregistrée. Si elles correspondent, la transaction passe sans composition de code, quel que soit le montant. L’empreinte reste stockée, chiffrée, dans la puce de la carte : elle n’est jamais transmise au commerçant.
BNP Paribas arrête, le Crédit Agricole maintient
BNP Paribas a proposé cette option sur son forfait Visa Premier, facturé 134 euros par an, mais elle a fermé les nouvelles souscriptions depuis le 8 décembre 2025. Les clients déjà équipés pourront continuer à s’en servir jusqu’au 31 décembre 2026, date de l’arrêt définitif.
Le Crédit Agricole suit une autre voie. La banque réserve sa carte biométrique aux gammes Mastercard Gold Débit Différé et Mastercard World Elite Débit Différé, et continue de la proposer fin 2026. L’activation passe par un petit lecteur envoyé à domicile ou un passage en agence, pour enregistrer une ou deux empreintes, le plus souvent les pouces.
Dans les deux cas, le paiement sans contact au-delà de 50 euros devient possible sans code, dans la limite des plafonds propres à chaque carte. L’option « Sans Contact Plus », elle, autorise aussi des montants supérieurs à 50 euros, mais impose toujours de taper son code sur le terminal.
L’argument avancé par les banques et par Thales tient surtout à la cybersécurité plutôt qu’au gain de temps : un code peut être observé ou volé, une empreinte digitale beaucoup plus difficilement. Des études européennes citées font état d’une baisse d’environ 40 % des tentatives de fraude sur les cartes biométriques par rapport aux cartes à code classiques. La technologie n’est pas pour autant infaillible face au vol physique d’une carte ou à une fraude plus sophistiquée.
Le code à quatre chiffres ne disparaît pas totalement. Il reste demandé pour le premier paiement qui active la carte, pour les retraits au distributeur, lors de contrôles aléatoires, ou encore si le capteur est abîmé, les doigts trop froids ou le terminal trop ancien.
Les retours des clients restent partagés : certains apprécient de ne plus avoir à saisir leur code pour un plein d’essence ou des courses chargées, d’autres préfèrent garder le système qu’ils connaissent déjà au quotidien.
D’autres réseaux internationaux comme Mastercard visent, d’ici 2030, la disparition des numéros de carte saisis manuellement en ligne, au profit de la biométrie et de la tokenisation. Chez le Crédit Agricole comme ailleurs, cette technologie reste pour l’instant cantonnée aux cartes haut de gamme, avec un surcoût par rapport à une carte classique.




