Modernisation bancaire : vers la fin des espèces en France ?

Alors que 87% des Français craignent la disparition de l’argent liquide, une tendance inquiétante se dessine : la chute des distributeurs. Découvrez comment cette évolution pourrait transformer vos habitudes bancaires et ce que cela signifie pour vous.

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L'avenir de l'argent liquide en France : entre attachement et modernisation
Modernisation bancaire : vers la fin des espèces en France ? © Social Mag

L’attachement des Français aux espèces reste très fort, même si le secteur bancaire change à toute vitesse. En avril 2023, un baromètre Ifop a montré que 83% des Français aiment toujours utiliser l’argent liquide. En fait, 74% d’entre eux utilisent de la monnaie au quotidien ou presque, ce qui montre bien l’habitude ancrée dans la réglementation bancaire. Mais on sent aussi l’inquiétude : 87% des Français redoutent que ce mode de paiement disparaisse. Même si les espèces représentent encore 50% des paiements aux points de vente, le nombre de distributeurs automatiques de billets chute, ce qui fait se poser la question de leur disponibilité à l’avenir.

Diminution des DAB : une tendance bien marquée

Fin 2023, la France métropolitaine comptait 44 123 DAB, soit une baisse de 4,6% par rapport à l’année précédente où il y en avait 46 249. Entre 2018 et 2023, plus de 8 500 distributeurs ont disparu du réseau. Par contre, la Banque de France précise que 98,8% des Français habitent à moins de 15 minutes en voiture d’un DAB. Fait intéressant : 98% des DAB retirés se trouvaient dans des communes de plus de 2 000 habitants, indiquant que la disparition se concentre surtout en zone urbaine.

Rassembler et réorganiser les banques

Face à ces changements, plusieurs grandes banques françaises comme la Société Générale, BNP Paribas, le Crédit Mutuel Alliance Fédérale et le CIC se sont regroupées autour du programme Cash Services. L’objectif est de réduire le nombre total de sites à environ 7 000 d’ici 2026, tout en gardant une couverture efficace grâce à la mise en commun d’environ 15 000 DAB actuels répartis sur 5 000 agences et 2 000 sites hors agences.

Les distributeurs mutualisés offrent divers services bancaires sans frais supplémentaires pour les « retraits déplacés ». Cette initiative se déploie surtout en ville, là où la disparition des DAB se fait le plus sentir.

L’évolution vers des paiements modernes

Parallèlement, les modes de paiement évoluent avec l’intégration toujours plus poussée des techniques numériques. Aujourd’hui, les distributeurs se connectent à une plateforme unique qui permet non seulement de retirer de l’argent mais aussi de déposer des chèques et des espèces, consulter le solde ou l’historique du compte.

On retrouve aussi le cashback comme solution pour récupérer de la monnaie lors d’un paiement par carte bancaire. Le montant minimal d’achat est fixé à 1 euro, et on peut obtenir jusqu’à 60 euros en liquide, directement chez le commerçant.

Plus d’accès grâce aux points privatifs

Pour compenser la baisse des DAB traditionnels, le nombre total de points d’accès privatifs a augmenté pour atteindre 27 418 emplacements en 2023, soit une hausse de 1,7%. Au final, le total combiné des distributeurs et points d’accès privatifs s’élève à environ 71 541 à la fin de l’année.

Des entreprises comme Euronet, Brink’s et Loomis jouent un rôle important en installant davantage de DAB dans les zones moins couvertes. Elles ont ainsi fait passer leur parc de machines opérationnelles de 571 à 679 sur le même exercice annuel.

Coût des retraits déplacés

La question financière reste aussi à prendre en compte, puisque les frais pour les retraits déplacés progressent de façon notable : en moyenne annuelle depuis deux ans, ils ont augmenté de +10 % puis de +7%, pouvant ainsi atteindre près de 15,50 euros une fois le seuil mensuel dépassé. À l’inverse, BoursoBank choisit de rester fidèle à sa politique initiale en exonérant totalement ses clients de ces frais spécifiques.

Alors que la transition numérique continue dans le secteur financier, la France demeure attachée aux billets et aux pièces, symboliquement comme matériellement; c’est-à-dire pour les transactions quotidiennes, que ce soit en commerce, consommation domestique ou dans divers échanges tant au niveau local, national, européen que mondial).

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