Après plusieurs scandales touchant les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), le gouvernement français prend une mesure destinée à redorer l’image de ces structures, notamment par un soutien financier. Le nouveau label « Maisons France Autonomie » veut changer la perception et rendre ces lieux de vie plus attractifs. L’annonce, faite par la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, s’inscrit dans un projet de rénovation globale prévu d’ici 2027.
Pourquoi ce changement pour les Ehpad
Les Ehpad, créés en 2002, ont vu leur réputation se détériorer au fil de plusieurs crises, en partie à cause des caractéristiques des Ehpad. La pandémie de Covid-19 en 2020 a mis en lumière des faiblesses structurelles, et le scandale Orpea en janvier 2022 a révélé des malversations financières et des cas de maltraitance. Ces événements ont soulevé de fortes interrogations sur la transparence et l’utilisation des fonds publics.
Pour restaurer la confiance, le gouvernement précédent avait décidé un contrôle approfondi des 7 500 Ehpad de France à réaliser « d’ici 2 ans ». Le bilan officiel de mars 2025 indique que « près de 90 % » des contrôles n’ont pas nécessité de mesures correctives pour risques graves, même si 11 % des établissements étaient jugés en situation dégradée. 55 établissements ont été sanctionnés administrativement, et 40 signalements ont été transmis au procureur de la République.
Le nouveau label et les mesures à venir
Le label « Maisons France Autonomie » veut repositionner les établissements comme « des lieux où on a envie de vivre et de travailler », selon Camille Galliard-Minier. Ce label, dont la finalisation est prévue « d’ici septembre », exigera notamment que les Ehpad proposent des services d’accueil temporaire pour être labellisés, raconte le journal Charente Libre. L’objectif est de faire évoluer ces structures pour mieux répondre aux besoins d’une transition démographique inévitable.
La Haute Autorité de Santé (HAS), dans son rapport de mi-avril, juge la qualité d’accompagnement dans les établissements sociaux et médico-sociaux globalement « satisfaisante », tout en pointant « quelques fragilités ». Les besoins en personnel restent un point préoccupant, et le spectre du « mur démographique » de 2030 pèse sur l’organisation des soins pour les personnes âgées.
Camille Galliard-Minier a passé deux jours dans le Pas-de-Calais avant de détailler ses ambitions lors d’une interview à La Voix du Nord. Elle a insisté sur la nécessité de « changer le regard sur le vieillissement » et de « proposer des solutions concrètes » comme le maintien à domicile pour faire face aux défis posés par le vieillissement de la population.

