Une revue de dépenses consacrée à la politique familiale, réalisée par l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), a été publiée le 24 juillet. Commandé par le Premier ministre, ce document formule une longue liste de recommandations visant à mettre à contribution les foyers les plus aisés, si le gouvernement souhaite réaliser des économies sur la politique familiale.
Les prestations sociales vont encore diminuer
Le texte prévient que ces pistes ne manqueraient pas de faire débat, en particulier sur l’ampleur des efforts qui seraient demandés à certaines catégories de familles si l’exécutif décidait de s’en inspirer. La nature précise des idées avancées et les montants d’économies envisagés ne sont toutefois pas détaillés.
La politique familiale française repose sur 36 dispositifs, entre prestations sociales, mécanismes fiscaux et offres de services, explique Le Monde. L’Inspection générale des finances et l’Igas jugent cet ensemble peu lisible et peu cohérent, avec des objectifs qualifiés de peu hiérarchisés. Les deux inspections pointent des effets limités en matière de natalité et de redistribution, ainsi que des inégalités de traitement entre familles ou situations équivalentes.
Ces dispositifs ont pesé 122,1 milliards d’euros en 2024, avec une progression de 4,5 % par an en moyenne depuis 2021, un rythme supérieur à l’inflation. Cette hausse s’est produite alors que la natalité reculait sur la même période. Selon les inspections, les politiques familiales restent centrées sur la compensation générale du coût de l’enfant, alors que ce sont les dépenses facilitant la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle qui seraient les plus favorables à la natalité.
Sur cette base, l’Inspection générale des finances et l’Igas plaident pour une refonte de certains instruments sociofiscaux. Elles avancent des objectifs :
- renforcer l’efficience des dispositifs,
- améliorer leur cohérence,
- garantir davantage d’égalité de traitement entre les familles,
- et réaliser des économies.
Le rapport comporte d’ailleurs une section entièrement dédiée à l’identification d’économies possibles.
Bercy a salué le travail des deux inspections, tout en précisant que celui-ci ne préjuge pas des décisions qui seront prises par le gouvernement. Aucune annonce n’a été faite à ce stade : la revue de dépenses vient d’être publiée, sans validation politique, et ses conclusions pourraient nourrir les arbitrages du budget 2027.

