La Carte Mobilité Inclusion (CMI) Invalidité, en vigueur depuis le 1er janvier 2017, remplace la carte d’invalidité. Bien que cette modernisation soit appréciée, elle ne peut cacher le fait que 12 millions de personnes handicapées en France attendent toujours des progrès réels en matière d’accessibilité.
Comprendre la CMI Invalidité : définition et contexte social
La CMI Invalidité s’adresse aux personnes ayant un taux d’incapacité d’au moins 80% ou percevant une pension d’invalidité de 3e catégorie avec majoration pour tierce personne. Gratuite, elle offre une priorité pour les places assises dans les transports, les files d’attente et les établissements recevant du public. Selon le Service Public, elle permet aussi de bénéficier d’avantages fiscaux, tels qu’une demi-part supplémentaire pour l’impôt sur le revenu.
Il existe trois types de CMI : Stationnement, Priorité et Invalidité. Seule la CMI Invalidité atteste d’une perte d’autonomie importante, nécessitant une assistance permanente. La demande s’effectue auprès de la Maison départementale pour personnes handicapées (MDPH), via formulaire papier ou en ligne.
La CMI remplace la carte d’invalidité : une modernisation insuffisante
Le passage à la CMI a débuté le 1er janvier 2017, les anciennes cartes d’invalidité restant valables jusqu’au 31 décembre 2026. Cette transition de presque dix ans souligne une mise en place laborieuse. Les titulaires doivent anticiper leur renouvellement auprès de la MDPH pour éviter la perte de leurs droits. Cependant, cette échéance administrative ne s’accompagne d’aucun plan pour améliorer concrètement l’accessibilité des infrastructures.
Comment obtenir la CMI avant le 31 décembre 2026 ?
Pour obtenir la CMI Invalidité, il faut justifier d’un taux d’incapacité d’au moins 80% ou d’une pension d’invalidité de 3e catégorie avec majoration. Le dossier de demande, comprenant un formulaire administratif, un certificat médical récent et éventuellement d’autres justificatifs, doit être déposé auprès de la MDPH. Les délais de traitement étant souvent longs, il est essentiel de faire la demande avant la fin de 2026 pour éviter toute interruption des droits.
Après les Jeux paralympiques : l’émotion ne suffit pas
Les Jeux paralympiques de Paris 2024 ont suscité un grand engouement. Cependant, Michaël Jérémiasz, ancien champion de tennis fauteuil et défenseur des droits des personnes handicapées, lors de la 7e Conférence nationale du handicap le 4 octobre 2026, déclare que si ces Jeux ont changé le regard sur le handicap, les politiques publiques n’ont pas suivi. L’émotion collective n’a pas débouché sur des investissements structurels suffisants. La France, en retard par rapport à d’autres pays européens en matière d’accessibilité, peine à respecter ses engagements législatifs. Même les récentes mesures fiscales ne compensent pas le manque de politiques ambitieuses. La CMI Invalidité, malgré son utilité administrative, reste un palliatif face aux besoins réels d’accessibilité. Douze millions de personnes continuent d’attendre que leurs droits inscrits sur une carte deviennent une réalité concrète.
