La France, qui subit depuis longtemps une pénurie de médecins, pourrait voir le bout du tunnel. Selon une étude de la Drees, direction des statistiques du ministère de la Santé, publiée le mardi 6 octobre 2026, le pays compterait 30 % de médecins en plus d’ici 2040 et jusqu’à 75 % de plus d’ici 2060. Ce changement promet une amélioration notable de l’accès aux soins pour les Français.
Actuellement, la France recense environ 261 800 médecins en exercice et étudiants en médecine. Les projections de la Drees indiquent que ce nombre pourrait atteindre 351 300 dès 2030 et 464 200 en 2060. Cette augmentation repose sur plusieurs hypothèses : le maintien d’un flux annuel de 12 200 étudiants en médecine et l’intégration de 2 500 médecins étrangers diplômés hors Union européenne chaque année dans le système de soins français.
Scénarios divergents pour l’avenir
La Drees a exploré plusieurs alternatives à son scénario principal pour évaluer l’impact de diverses politiques. Si aucun médecin étranger n’était admis dans le système de santé, les effectifs atteindraient seulement 400 800 praticiens en 2060, soit une hausse de 53 % par rapport à aujourd’hui. Cela met en lumière l’importance de l’ouverture aux médecins formés à l’étranger.
Un autre scénario envisage une réduction du nombre d’étudiants en médecine à 9 200 en 2031, aboutissant à 401 800 médecins en 2060, résultat similaire à celui sans intégration de praticiens étrangers. En revanche, augmenter le numerus clausus à 15 200 étudiants en 2031 porterait les effectifs à 527 700 médecins, doublant ainsi le nombre actuel.
Impact des réformes récentes
L’augmentation prévue du nombre de médecins résulte des réformes récentes. La suppression du numerus clausus en 2020 et du numerus apertus en 2025 a élargi l’accès aux études de santé. Auparavant, la limitation stricte du nombre d’étudiants avait conduit à une diminution continue des effectifs médicaux dans les années 2000 et 2010.
Avec environ 12 200 étudiants formés chaque année et l’intégration de 2 500 praticiens diplômés hors UE, la France dispose désormais d’un potentiel accru. Sans ces praticiens étrangers, la Drees montre que la progression serait nettement plus lente.
Répartition géographique des médecins
Bien que l’augmentation du nombre de médecins soit prometteuse, elle ne résoudra pas automatiquement tous les problèmes d’accès aux soins. Environ 9 millions de Français vivent dans des zones sous-dotées, et 87 % du territoire est concerné par la désertification médicale. La répartition géographique des médecins reste un enjeu majeur, comme le souligne cet article sur l’accès aux soins.
Pour que l’augmentation du nombre de médecins ait un impact positif, des politiques d’incitation à l’installation dans les zones rurales et défavorisées seront nécessaires, ainsi que le développement de maisons de santé pluriprofessionnelles.
Vieillissement de la population et besoins croissants
En parallèle de l’augmentation du nombre de médecins, la France fera face à un vieillissement accéléré de sa population, augmentant ainsi les besoins en soins, notamment pour les pathologies chroniques et la dépendance. En 2060, les 464 200 praticiens devront répondre à une demande de soins accrue, dans un contexte où la prévention santé devient cruciale.
La question de l’adéquation entre l’offre et la demande de soins reste ouverte, la Drees ne se prononçant pas sur ce point. D’autres facteurs, tels que l’évolution des modes d’exercice, le développement de la télémédecine et la répartition entre spécialités, joueront un rôle crucial.
En somme, les projections de la Drees sont encourageantes, mais reposent sur le maintien des politiques actuelles. Toute modification pourrait influer sur ces trajectoires, et il est essentiel de repenser l’organisation des soins et de garantir une répartition équitable des praticiens pour que les Français bénéficient d’une amélioration tangible de la santé publique.


