Les disparités de retraite entre femmes et hommes restent un problème majeur en France. Même si on avance vers une égalité salariale, ces différences persistent une fois à la retraite et affectent la qualité de vie des retraitées. Cette question est non seulement importante pour que chacun soit traité de manière juste, mais aussi pour le bien-être économique des femmes, souvent plus exposées aux risques de pauvreté.
Un écart toujours marqué
D’après les chiffres récents de la Drees, l’écart entre les pensions des femmes et des hommes devrait s’établir à 37 % en 2025, défavorisant ainsi les femmes. Même si cet écart est passé de 50 % en 2004, il reste préoccupant. En 2023, la pension brute moyenne des femmes s’élevait à 1 306 € par mois, contre 2 089 € pour les hommes. Ces données révèlent une réalité qui ne change pas et montrent bien l’urgence d’intervenir pour réduire cette différence.
D’où viennent ces différences ?
Plusieurs éléments expliquent ces écarts. Tout d’abord, les salaires sont très différents : selon l’Insee, le salaire moyen des femmes est inférieur de 22,2 % à celui des hommes. Cette situation s’explique notamment par le fait que les femmes sont moins présentes dans les métiers mieux rémunérés et se retrouvent souvent dans des secteurs où les revenus sont plus faibles.
En outre, les femmes travaillent plus fréquemment à temps partiel et connaissent davantage d’interruptions de carrière pour des raisons familiales. Ces choix ou contraintes affectent directement leurs cotisations et, par ricochet, leurs futures pensions. Pour citer un économiste et statisticien de l’Institut des politiques publiques, « le risque, pour les femmes ayant eu des carrières hachées ou mixtes (une partie dans le privé, une autre dans le public), c’est que la mesure ne change rien puisque, de toute façon, elles cumuleront moins d’années que le minimum exigé ».
Vers une amélioration ?
Le Conseil d’orientation des retraites anticipe une réduction sensible de cet écart d’ici 2060, qui pourrait se limiter à seulement 3 %. Cette évolution s’expliquerait notamment par les dispositifs de solidarité mis en place depuis les années 1970, comme l’assurance-vieillesse pour les parents au foyer et l’allongement de la durée d’assurance pour les parents.
On attend également des progrès grâce à une meilleure intégration des femmes sur le marché du travail, avec des carrières plus longues et une diminution du recours au temps partiel. Toutefois, ces prévisions restent fragiles, car elles dépendent beaucoup de l’évolution économique et sociale. Par ailleurs, il subsiste des inégalités dans l’accès aux postes à responsabilité qui ne sont pas toujours prises en compte.
La vulnérabilité des retraitées
Les femmes retraitées se retrouvent particulièrement en difficulté face à la pauvreté. Selon l’UNSA Retraités, 17,7 % des femmes retraitées vivant seules se situent sous le seuil de pauvreté. Cette situation préoccupante demande qu’on y prête une attention toute particulière pour ne pas laisser ces femmes en marge de notre système social, comme le souligne Julie Malo dans Lepoint.
Les mesures du gouvernement et les perspectives
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis une « amélioration constante concernant les retraites des femmes » dans le budget de la Sécurité sociale 2026, mais une réforme des pensions pourrait être nécessaire. Cependant, certaines mesures en vigueur ne semblent pas vraiment adaptées aux besoins spécifiques des femmes en situation précaire. Un politiste et directeur de recherche du CNRS à Sciences Po note qu’on continue souvent à imaginer la retraite typique comme celle d’un homme ayant travaillé 42 ans à temps complet – un modèle difficile à atteindre pour de nombreuses femmes.
La lutte contre ces inégalités est primordiale pour donner à chacun sa juste place. Même si des avancées sont prévues dans les prochaines décennies, il reste fondamental d’adapter les politiques afin qu’elles répondent vraiment aux difficultés rencontrées par les femmes dans tous les milieux. Penser profondément à ces questions pourrait permettre d’instaurer un changement durable, bénéfique non seulement pour les générations futures, mais aussi pour celles qui subissent ces inégalités aujourd’hui.






