Les conditions d’exonération de taxe foncière pour les retraités changent en 2026 : êtes-vous toujours éligible ?

Votre taxe foncière pourrait fondre, voire disparaître totalement en 2026. Nouveaux seuils, abattements sur les pensions, aides Ehpad : une case mal cochée peut vous coûter plusieurs milliers d’euros d’économie.

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Les conditions d'exonération de taxe foncière pour les retraités changent en 2026 : êtes-vous toujours éligible ?
Les conditions d’exonération de taxe foncière pour les retraités changent en 2026 : êtes-vous toujours éligible ? © Social Mag

Les retraités propriétaires peuvent voir leur taxe foncière réduite, voire totalement effacée, en 2026, annonce Le Journal du Net. L’administration fiscale a revalorisé les plafonds de revenus qui ouvrent droit à cet allègement, ce qui élargit le nombre de foyers concernés par rapport aux années précédentes.

Concrètement, un retraité vivant seul dont le revenu fiscal de référence reste sous 12 793 euros peut prétendre à l’avantage, tout comme un couple de retraités sous 19 626 euros, avec une majoration de 3 416 euros par demi-part supplémentaire.

Ces plafonds ont été publiés le 30 juin au Bulletin officiel des finances publiques, avec une revalorisation de 0,9 %. Le revenu pris en compte correspond à celui perçu en 2025. L’ampleur du coup de pouce dépend ensuite de l’âge du propriétaire au 1er janvier 2026 : entre 65 et 75 ans, sous conditions de ressources, la réduction est de 100 euros sur la facture ; au-delà de 75 ans, c’est l’exonération totale.

Pour les couples mariés ou pacsés, il suffit que l’un des deux conjoints atteigne l’âge requis pour que l’ensemble du foyer en profite.

Deux catégories échappent à toute condition d’âge ou de revenu : les bénéficiaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) et ceux de l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) sont exonérés automatiquement.

Un impôt qui continue de grimper, mais plus lentement

La hausse de la taxe foncière ralentit d’année en année : après +7,1 % en 2023 et +3,9 % en 2024, elle s’est limitée à +1,7 % en 2025, et la progression attendue pour 2026 n’est que de 0,8 %.

Le montant moyen payé par les propriétaires, qui atteignait 1 117 euros en 2025, devrait avoisiner 1 125 euros. Les avis seront envoyés d’ici quelques semaines à l’ensemble des propriétaires. L’exonération, elle, ne s’applique qu’à la résidence principale (les résidences secondaires et les biens loués en sont exclus) et ne dispense pas de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui reste due dans tous les cas. Le dispositif repose sur l’article 1417-I du Code général des impôts.

Un abattement automatique de 10 % sur les pensions

Au-delà de la taxe foncière, la loi de finances 2026 reconduit plusieurs allègements pour les plus de 65 ans, à déclarer sur la déclaration de revenus n° 2042. Le plus répandu reste l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite, maintenu, et ses plafonds devraient être revalorisés de 0,9 %.

Il s’applique sans démarche particulière, quel que soit le montant de la pension, sur toutes les sommes inscrites page 2 de la déclaration. Le plancher est fixé à 454 euros par pensionné et le plafond à 4 438 euros par foyer fiscal. Si le conjoint répond lui aussi aux critères, l’abattement est doublé.

Logement, Ehpad et emploi à domicile : dispositifs à surveiller

Le crédit d’impôt de 25 % pour l’adaptation du logement des seniors en perte d’autonomie (rampes, douches de plain-pied, élargissement des portes) a pris fin le 31 décembre 2025. Faute de reconduction dans la loi de finances 2026, les dépenses engagées à partir de 2026 ne sont plus éligibles, seules celles payées en 2025 restent à déclarer en case 7WJ ou 7WI. Pour les revenus modestes, le dispositif MaPrimeAdapt’ prend le relais.

Pour les frais d’hébergement en Ehpad, la réduction d’impôt de 25 % subsiste, plafonnée à 10 000 euros et pouvant alléger la facture jusqu’à 2 500 euros par an. Les aides déjà perçues, comme l’allocation personnalisée d’autonomie ou les aides au logement, doivent être déduites avant déclaration. Cette réduction diminue ou annule l’impôt dû, mais ne donne lieu à aucun remboursement pour les foyers non imposables.

Le crédit d’impôt de 50 % pour l’emploi d’un salarié à domicile, en revanche, reste accessible même aux non-imposables. Plafonné à 12 000 euros par an (20 000 euros si un membre du foyer est en situation de handicap), il permet une économie qui peut atteindre 10 000 euros.

L’avance immédiate, via le portail Urssaf ou le service Cesu+ pour l’emploi de gré à gré, permet de ne payer que la moitié de la facture, l’État versant directement l’autre part au prestataire.

La CSG révisée à la hausse de 1,8 %

Les seuils de la contribution sociale généralisée sont eux aussi relevés, de 1,8 % pour 2026, sur la base des revenus 2024 déclarés en 2025. Pour une part de quotient familial, l’exonération s’applique jusqu’à 13 048 euros, le taux réduit court jusqu’à 17 057 euros et le taux médian jusqu’à 26 471 euros au-delà duquel s’applique le taux normal.

Cette révision peut faire basculer certains retraités vers une tranche inférieure, voire vers l’exonération totale. Le passage à un taux supérieur, lui, ne devient effectif que si le dépassement du seuil se confirme deux années de suite.

Les dons aux associations complètent la liste des avantages à ne pas oublier : réduction de 66 %, portée à 75 % pour les organismes venant en aide aux personnes en grande difficulté, dans la limite de 20 % du revenu imposable, avec un report possible sur cinq ans en cas d’excédent.

Une case mal cochée ou un prestataire oublié sur la déclaration peut, à lui seul, priver un foyer de plusieurs centaines, voire de plusieurs milliers d’euros d’économie.

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