Une réforme des pensions de retraite est en discussion en France afin de revoir les écarts persistants entre les montants perçus par les hommes et les femmes. Cette proposition, issue d’une étude publiée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), alimente le débat sur les inégalités hommes femmes. Commandée par le Conseil d’orientation des retraites (COR), l’étude met en lumière comment les règles actuelles renforcent les différences entre les sexes et esquisse plusieurs pistes pour y remédier.
Le système actuel de majoration
Actuellement, une majoration de 10 % est attribuée aux retraités comptant au moins trois enfants. Ce dispositif ne tient pas compte du sexe ni du montant de la pension perçue. Cela dit, c’est en général les hommes qui en bénéficient davantage. En 2020, cette majoration a coûté 8,4 milliards d’euros, soit 2,9 % des pensions directes. En moyenne, la majoration ajoute 77 euros par mois aux pensions des femmes, contre 136 euros pour celles des hommes.
Scénarios pour la réforme
Scénario 1 : Une majoration forfaitaire
La première proposition prévoit d’attribuer une majoration forfaitaire de 150 euros par mois pour les parents ayant trois enfants ou plus, applicable aux retraites liquidées dès 2026. Selon ce dispositif, 60 % des bénéficiaires seraient des femmes contre 40 % d’hommes. En pratique, cela se traduirait par une augmentation moyenne des pensions féminines de 0,3 % et une diminution équivalente pour celles des hommes. Avec ce mécanisme, la pension moyenne des femmes atteindrait 85,5 % de celle des hommes.
Scénario 2 : Une majoration réservée aux femmes
Une autre option consiste à attribuer une majoration exclusivement aux femmes dès leur premier enfant. Cette proposition prévoit un bonus progressif de 3 % pour un enfant, 6 % pour deux enfants et jusqu’à 13 % pour trois enfants ou plus. Pour les femmes nées en 1978, cette mesure représenterait une hausse moyenne de leur pension à 68 ans de 3,3 %, tandis que celles des hommes diminueraient de 3 %. Ce scénario ferait ainsi passer le ratio moyen entre les pensions des femmes et des hommes à 90,4 %, réduisant nettement l’écart actuel.
Scénario 3 : Une majoration forfaitaire croissante
La troisième proposition envisage une majoration forfaitaire augmentant avec le nombre d’enfants, réservée aux femmes : 40 euros pour un enfant, 80 euros pour deux enfants et jusqu’à 160 euros pour trois enfants ou plus. Dans ce cadre, environ 81,6 % des femmes verraient leur pension augmenter d’au moins 1 %, même si certaines mères de trois enfants pourraient être désavantagées. Les résultats indiquent également qu’une bonne partie des femmes aux pensions modestes bénéficieraient d’une augmentation notable.
Considérations financières et réduction des inégalités
Les réformes proposées visent à réduire les disparités entre les sexes et à diminuer les écarts économiques parmi tous les retraités, illustrant l’importance de la réforme des retraites.
Cependant, ces mesures doivent faire face à la réalité budgétaire actuelle, soulignant leur impact sur les retraités.
Cette réflexion montre bien l’importance de repenser notre système de retraite pour tendre vers une société plus juste, où chacun peut espérer bénéficier d’une retraite équilibrée, un sujet souvent abordé lors des négociations syndicales.

