Les pépiniéristes sont unanimes : mieux vaut mettre les géraniums de balcon à l’abri avant les premières gelées, plutôt que d’attendre qu’elles surviennent. Ces plantes, appelées pélargoniums, ne supportent pas le gel et risquent tout simplement de mourir dès que le thermomètre passe sous 0 °C, alerte Le Parisien.
Le mot géranium prête souvent à confusion. Les plantes qui garnissent les jardinières, qu’il s’agisse des géraniums zonales, des géraniums lierres, des pélargoniums à grandes fleurs ou des variétés au feuillage parfumé, sont en réalité des pélargoniums. Les véritables géraniums vivaces de jardin, eux, n’ont généralement pas besoin d’être rentrés : la variété Rozanne, par exemple, passe l’hiver dehors sans souci partout en France. Certains hybrides récents de pélargoniums annoncent une résistance ponctuelle jusqu’à -5 °C, mais un gel durable ou répété risque de leur être fatal même à eux.
La géographie compte aussi. Dans le Nord, l’Est et en altitude, où les hivers sont régulièrement froids, les pépiniéristes recommandent de rentrer systématiquement les pots, sans prendre de risque. Sur les côtes atlantiques et méditerranéennes, où les gelées restent plus rares, il est envisageable de laisser les pélargoniums dehors, en pleine terre comme en pot, à condition de surveiller la météo de près et de réagir au moindre coup de froid.
La météo compte plus que le calendrier
Tant qu’il ne gèle pas, rien n’oblige à rentrer les plantes : elles profitent de la lumière même par temps frais. L’hivernage se décide donc en fonction des températures annoncées localement, pas d’une date fixe sur le calendrier.
Dans le Nord-Est, les premières gelées en plaine arrivent en moyenne début octobre, parfois dès fin septembre mais plus rarement. Dans les régions centrales, elles surviennent plutôt entre fin octobre et novembre. Un pélargonium peut encaisser un froid bref jusqu’à environ -4 °C dans une région au climat doux, mais cette résistance ponctuelle ne garantit rien : mieux vaut ne pas tenter le coup.
Dès que les températures descendent régulièrement sous 10 °C, c’est le signal pour commencer à préparer l’hivernage, l’idéal étant de rentrer les plantes avant qu’elles ne subissent un coup de gel nocturne.
Avant de ranger les pots, il faut raccourcir franchement les tiges, pour ne conserver qu’environ 10 à 20 centimètres, soit près d’un tiers de la hauteur initiale. Un jardinier interrogé à la radio conseille, pour le géranium zonal, de couper les tiges à environ 20 centimètres avant de placer le pot dans un endroit frais et abrité.
Il faut aussi retirer les fleurs fanées, les feuilles jaunes ou malades, supprimer les parties abîmées et inspecter la plante pour éviter de rentrer des insectes indésirables.
Le local d’hivernage idéal est frais, sec et lumineux, avec une température comprise entre 6 et 15 °C, de préférence entre 7 et 12 °C. Une cave, un garage, une véranda non chauffée ou une serre peuvent convenir, à condition de vérifier que la plante reçoit assez de lumière et ne risque pas de geler.
En appartement, la pièce la moins chauffée, devant une fenêtre, fait l’affaire. Pour les sujets déjà bien développés aux tiges ligneuses, une autre solution existe en cas de manque de place : les sortir de leur pot et les conserver presque à sec, racines nues, en vérifiant régulièrement qu’aucune partie ne pourrit.
Côté arrosage, la sobriété est de rigueur pendant tout l’hiver : un petit verre d’eau toutes les trois à quatre semaines suffit, juste de quoi empêcher la motte de se dessécher complètement. Arroser comme en été est l’erreur classique à éviter.
À partir de mars, quand la végétation redémarre, l’arrosage reprend progressivement. Les plantes peuvent être sorties l’après-midi par beau temps, un peu plus longtemps chaque jour, pour les habituer aux conditions extérieures. Il faut aussi tailler ce qui a poussé pendant l’hiver pour favoriser la floraison, puis rempoter dans du terreau frais en éliminant les parties abîmées.
Mais il ne faut pas se laisser piéger par les premières belles journées : tant que le risque de gelée n’est pas écarté, mieux vaut sortir les jardinières le jour et les rentrer la nuit. La sortie définitive, elle, n’intervient qu’à la mi-mai, une fois tout risque de gel écarté.



