Les derniers calculs du modèle européen ECMWF indiquent un risque important de réchauffement stratosphérique soudain au-dessus de l’Arctique autour du 6 novembre 2026. Selon ces simulations, le vortex polaire serait fortement déformé et repoussé hors du pôle sous l’effet d’ondes atmosphériques particulièrement actives.
Un tel épisode serait exceptionnellement précoce : à cette période de l’année, le vortex est normalement en train de se renforcer, pas de se disloquer, alerte La Chaine Météo.
Si ce réchauffement stratosphérique majeur se confirme début novembre, il battrait de plus de trois semaines le précédent record de précocité. Ce record avait été établi le 28 novembre 1968, puis égalé en 2025. D’après les réanalyses ERA5, il s’agirait d’un événement inédit depuis le début des observations modernes, en 1959.
Le phénomène lui-même n’a rien d’exotique. Les réchauffements stratosphériques soudains majeurs surviennent en moyenne deux hivers sur trois, le plus souvent en janvier et février, lorsque le vortex polaire est bien installé. Leur apparition dès le début novembre serait, en revanche, exceptionnelle.
Plusieurs mécanismes pourraient expliquer cette précocité. Une étude de Taguchi et Hartmann publiée en 2006 dans le Journal of Climate montre qu’El Niño favorise l’activité des ondes planétaires et augmente la fréquence de ces réchauffements. Des travaux de Peings, parus en 2019 dans Geophysical Research Letters, pointent par ailleurs le rôle des blocages anticycloniques sur l’Oural, capables d’amplifier ces ondes et d’affaiblir le vortex polaire alors qu’il est encore en formation.
Un réchauffement stratosphérique majeur augmente le risque de blocages anticycloniques aux hautes latitudes, un mécanisme qui favorise parfois des descentes d’air polaire vers l’Europe. Si le phénomène attendu début novembre 2026 se propage jusqu’à la troposphère, la probabilité d’épisodes plus froids augmenterait à partir de la seconde moitié de novembre et durant le mois de décembre 2026.
L’intensité, la durée et les régions concernées par ces éventuelles descentes d’air froid restent toutefois très incertaines. Ce signal ne remet pas en cause les prévisions d’un hiver globalement doux : une saison plus douce que la normale n’exclut pas des périodes de froid marqué, les deux informations n’étant pas contradictoires.
L’automne 2026 serait peut-être à un tournant de la circulation atmosphérique, mais pas encore à celui des prévisions hivernales. Les prochaines semaines diront si cette perturbation stratosphérique se confirme, et si ses effets parviennent jusqu’en Europe occidentale.
