Selon 60 Millions de consommateurs, ces 4 médicaments prescrits aux seniors chaque jour présentent de gros risques

Quatre médicaments anti-nausées, prescrits chaque jour à des millions de Français, exposent à des troubles cardiaques graves et des AVC. Une pharmacie sur deux les propose encore sans ordonnance. Faut-il vraiment continuer à les prendre ?

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Selon 60 Millions de consommateurs, ces 4 médicaments prescrits aux seniors chaque jour présentent de gros risques
Selon 60 Millions de consommateurs, ces 4 médicaments prescrits aux seniors chaque jour présentent de gros risques © Social Mag

La Haute Autorité de santé (HAS) a publié un avis déconseillant trois médicaments antiémétiques indiqués contre les nausées et vomissements : la dompéridone, le métoclopramide et la métopimazine. Intitulé « Médicaments antiémétiques dans le traitement symptomatique des nausées et vomissements », ce texte a été publié le 27 mai 2019. Il vise en priorité deux publics, les enfants et les personnes âgées, en raison d’effets secondaires jugés graves.

L’avis précise que ces trois molécules sont à éviter en cas de gastro-entérite, sauf si les vomissements risquent d’entraîner à court terme des complications graves ou très gênantes. Elles ne sont pas non plus destinées à traiter les symptômes provoqués par une anesthésie ou un traitement anticancéreux, pour lesquels d’autres médicaments existent.

La dompéridone, commercialisée sous le nom Motilium, et le métoclopramide, vendu sous le nom Primperan, ne doivent jamais être donnés à un enfant selon la HAS. La métopimazine, dont le nom commercial est Vogalène, doit elle aussi être évitée autant que possible chez l’enfant.

Chez la personne âgée, en raison des risques cardiaques et neurologiques, la HAS recommande d’écarter les trois molécules, surtout en présence d’une maladie associée.

Ces neuroleptiques aux effets antinauséeux augmentent le risque d’arythmies ventriculaires graves, appelées torsades de pointes, et de mort subite cardiaque. Ils peuvent aussi provoquer des troubles neurologiques sévères, les symptômes extrapyramidaux, qui se traduisent par des contractions musculaires involontaires, des tremblements, des spasmes ou des dyskinésies.

Sur l’efficacité, l’avis nuance : celle de la dompéridone n’est pas établie chez l’enfant et mal établie chez l’adulte à la dose recommandée ; le métoclopramide a prouvé la sienne mais on ignore dans quelle mesure ; la métopimazine est le produit pour lequel on dispose du moins de preuves, aussi bien sur les risques que sur l’efficacité.

Un quatrième médicament pointé du doigt

Ce constat a depuis été prolongé par l’association 60 millions de consommateurs, dont l’alerte a été relayée par la revue Prescrire et l’UFC-Que Choisir. Elle vise cette fois quatre médicaments anti-nausées très couramment prescrits, notamment aux seniors : le métoclopramide, vendu aussi sous les noms Anausin et Prokinyl, la dompéridone, disponible également sous les noms Peridys et Oroperidys, la métopimazine, aussi commercialisée sous le nom Vogalib, et le dropéridol, vendu sous le nom Droleptan. Les quatre figurent dans la dernière liste noire de la revue Prescrire.

Le détail des risques reprend et élargit celui de la HAS : la dompéridone expose à un risque accru d’arythmies et de troubles neurologiques graves, avec des effets parfois mortels, dont des morts subites survenues chez des patients qui la prenaient pour de simples reflux gastro-œsophagiens.

Le métoclopramide est associé à des risques d’accident vasculaire cérébral, en particulier en cas de prise répétée ou à forte dose, bien que son efficacité contre les nausées reste reconnue. La métopimazine et le dropéridol exposent quant à eux à des troubles du rythme cardiaque, des AVC et des morts subites, des risques susceptibles de s’aggraver en cas d’association avec d’autres traitements.

Si ces médicaments continuent d’être prescrits, c’est qu’ils restent efficaces dans un certain nombre de cas et peu coûteux, pour des troubles très fréquents. Mais leur balance bénéfices-risques apparaît de plus en plus défavorable, malgré les alertes répétées de l’Agence nationale de sécurité du médicament et d’autres autorités sanitaires.

Pour les reflux gastro-œsophagiens, des antiacides sans argile suffisent souvent ; dans les cas plus sévères, l’oméprazole, vendu sous le nom Mopral, reste efficace sur le long terme, à condition de prévoir un sevrage progressif. Le métoclopramide, plus sûr dans certaines situations, doit être utilisé avec des doses adaptées et une surveillance médicale. Pour les vomissements liés à une gastro-entérite, une hydratation correcte et une alimentation légère suffisent souvent à éviter la déshydratation.

Les patients qui prennent actuellement l’un de ces quatre médicaments, ou tout autre antiémétique, sont invités à consulter leur médecin plutôt qu’à interrompre le traitement d’eux-mêmes. Le professionnel de santé peut alors proposer une alternative plus sûre ou ajuster la prescription. Malgré les alertes accumulées, une version de la métopimazine reste disponible en automédication, sans ordonnance.

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