Un baby-boomer né avant 1970 peut valider jusqu’à quatre trimestres de retraite grâce à son service militaire. Un homme de la génération X, né après cette date, n’en obtient que trois au maximum. Cet écart, purement lié à l’année de naissance, relance le 10 juillet 2026 un débat sur l’équité entre générations, alors que le service militaire a pourtant disparu en 1997.
Le mécanisme repose sur une règle simple : chaque période complète de 90 jours de service, consécutifs ou non, ouvre droit à un trimestre. Une année complète sous les drapeaux permettait donc mécaniquement d’en cumuler quatre. C’est ce qui explique l’avantage conservé par les générations les plus âgées.
Le mois qui manque depuis la réforme de 1992
Tout se joue sur une décision prise en 1992 : le service national est alors réduit de 12 à 10 mois. Or dix mois ne suffisent pas à boucler quatre périodes de 90 jours, même en s’en approchant. Le mois manquant n’est tout simplement pas comptabilisé, ce qui plafonne ces appelés à trois trimestres.
Cette mesure touche les hommes nés après 1970, qui avaient au maximum 22 ans lors de l’entrée en vigueur de la réforme. Certains élus jugent la situation injuste : ces jeunes appelés percevaient une solde symbolique et ne pouvaient, dans le même temps, exercer une activité rémunérée qui leur aurait permis de cotiser autrement.
Selon ces parlementaires, dont les critiques sont rapportées par Le Figaro, le mois qui fait défaut ne devrait pas pénaliser leur retraite. La question revient régulièrement dans les débats parlementaires, portée par des députés qui souhaitent aligner les droits entre générations.
Le ministère des Armées, de son côté, renvoie la balle : toute évolution des règles liant service militaire et retraite relèverait du ministère du Travail et des Solidarités. Les parlementaires peuvent déposer des amendements, mais la décision finale reste entre les mains de l’exécutif, et une réforme supposerait de modifier les textes législatifs en vigueur.
Ce dispositif reste par ailleurs technique. Un trimestre peut être fractionné sur plusieurs périodes de service, tant que le total atteint 90 jours, et il est validé dans l’année civile où s’achève cette période. Ces trimestres dits assimilés ne nécessitent aucune cotisation, mais s’ajoutent bien à ceux qui sont cotisés, avec un effet potentiel sur l’âge de départ et le montant final de la pension.
Le règlement diffère légèrement selon les cas : un appelé réformé pour inaptitude après seulement 60 jours de service obtient malgré tout un trimestre. Et pour le calcul précis, la formule retenue divise le nombre de jours de service par 90, en arrondissant au chiffre entier supérieur : un service du 1er octobre 1980 au 30 septembre 1981, soit 365 jours, donne ainsi 4,06, arrondi à cinq trimestres.
Reste que ces droits ne s’activent pas toujours automatiquement. Quand la période de service militaire n’apparaît pas sur le relevé de carrière, l’assuré doit demander une régularisation auprès de sa caisse de retraite, si possible avant la liquidation de ses droits, en fournissant un document officiel comme un État signalétique et des services. Un simple certificat de présence ou une attestation de libération ne suffit pas. Le délai de traitement peut dépasser six mois.
Le sujet pourrait connaître un nouveau rebondissement. Le président Emmanuel Macron a évoqué un retour du service militaire à partir de 2026, face aux tensions internationales, sous une forme uniquement volontaire. Les conditions et la durée exacte de ce futur dispositif détermineront le nombre de trimestres qu’il pourra, à son tour, faire gagner aux participants.






