« Votre hôtesse de l’air vous accueille, non seulement par politesse, mais aussi pour vérifier si vous êtes trop ivre ou malade pour prendre l’avion », a expliqué Rania, hôtesse de l’air connue sur TikTok sous le pseudonyme « itsmekikooooo », dans une publication sur son compte.
Le message a rapidement circulé, révélant que ce simple échange de regards à l’entrée de la cabine sert en réalité à repérer tout comportement suspect ou problématique dès les premières secondes.
Deux objectifs derrière un simple sourire
Le premier vise à jauger l’état physique et mental du passager. Un voyageur trop alcoolisé ou souffrant peut compliquer les opérations en cas d’urgence, et une fois l’avion parti du tarmac, il n’est plus possible de le débarquer. Un passager bruyant, agité ou agressif rend le voyage pénible pour tout le monde, surtout sur un vol long courrier.
Le second objectif, évoqué par un steward dans les commentaires de la publication, consiste à repérer les personnes capables d’aider en cas de nécessité pendant le vol. « Nous recherchons toute personne qui n’a pas de problèmes de mobilité, qui parle anglais, qui semble être capable d’ouvrir une porte et, idéalement, de voyager seule », a-t-il précisé. Ce filtrage par les hôtesses et stewards permet d’éviter de nombreux incidents à bord.
Beaucoup de passagers pensent que cet accueil relève uniquement des règles de politesse de la compagnie. D’autres, plus superstitieux, y voient presque un rite censé chasser le mauvais sort avant le décollage. Il y a bien une part de courtoisie dans ce contact, mais elle n’explique pas tout.
Une évaluation qui peut être déjouée
La méthode n’est pas infaillible : certains passagers jouent la comédie pour tromper la vigilance de l’équipage. Un internaute a raconté avoir eu une pancréatite alors qu’il se trouvait à Corfou. « J’ai agi normalement en montant dans l’avion, sinon je savais qu’ils ne me laisseraient pas monter à bord », a-t-il témoigné en commentaire.
D’autres hôtesses ont détaillé ce mécanisme dans un entretien accordé au magazine américain Travel + Leisure. Selon Venezia Macias, hôtesse de l’air, le contact visuel à l’embarquement dure environ deux secondes et constitue le seul moment où l’équipage peut neutraliser une menace ou un problème médical avant le décollage.
« Lorsque nous accueillons les passagers à la porte, il ne s’agit pas seulement d’être aimables ; nous procédons aussi discrètement à une évaluation », a-t-elle décrit, ajoutant que le personnel prête attention jusqu’à la façon dont les gens s’habillent.
Un regard vitreux, une odeur d’alcool, un refus de saluer ou une agressivité latente suffisent à éveiller l’attention. À l’inverse, l’équipage repère les profils jugés utiles en cas de crise, en priorité les militaires, pompiers et médecins, tandis que les familles et les personnes à mobilité réduite sont identifiées pour bénéficier d’une évacuation prioritaire.
Rachel Nichols, ancienne hôtesse sur des vols long-courriers, résume le principe auprès du même magazine : « les agents de bord scrutent les passagers à la recherche de ceux qui sont en bonne santé et capables d’intervenir en cas d’urgence ou de menace ».
L’équipage juge aussi en un coup d’œil la conformité des bagages cabine et la capacité du passager à suivre les consignes, de quoi anticiper les besoins des voyageurs nerveux ou orienter les passagers égarés.





