Jamais travaillé de sa vie et pourtant elle touche une retraite : voici combien l’État verse chaque mois après 65 ans

Sans jamais avoir travaillé, certains touchent quand même une retraite chaque mois. Le mécanisme derrière ce dispositif surprend, surtout quand on découvre qui peut vraiment en bénéficier et à quelles conditions précises.

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Jamais travaillé de sa vie et pourtant elle touche une retraite : voici combien l'État verse chaque mois après 65 ans
Jamais travaillé de sa vie et pourtant elle touche une retraite : voici combien l’État verse chaque mois après 65 ans © Social Mag

Une personne qui n’a jamais travaillé peut, une fois à l’âge de la retraite, toucher une allocation appelée Aspa, l’Allocation de solidarité aux personnes âgées. Son montant ne peut pas dépasser 1 043,59 euros par mois pour une personne seule en 2026, quelle que soit la situation du bénéficiaire, y compris s’il n’a jamais cotisé de sa vie.

Aussi appelé minimum vieillesse, ce dispositif de solidarité s’adresse aux retraités résidant en France dont les ressources restent faibles, qu’ils aient travaillé ou non. L’aide n’est pas imposable et échappe aux prélèvements sociaux, puisqu’elle n’a rien de contributif.

Elle n’est jamais versée automatiquement. Il faut la demander auprès de sa caisse de retraite ou, pour ceux qui n’ont jamais cotisé, auprès de la mairie ou du centre communal d’action sociale de sa commune. Manon Carlési, co-responsable de l’offre Transition Emploi Retraite chez Mercer, rappelle les critères à réunir dans Le Figaro : être âgé de plus de 65 ans, avoir sa résidence principale en France et y résider plus de neuf mois par an, et ne pas dépasser un plafond de revenus.

Pour un couple, le montant maximal grimpe à 1 620,18 euros par mois, soit 19 442,21 euros sur l’année. Une personne seule sans autre ressource peut toucher jusqu’à 12 523,14 euros annuels. Une retraitée percevant 700 euros de pension peut ainsi voir l’Aspa ajouter environ 343 euros, sous réserve de remplir toutes les conditions.

Le cas de Judith, mariée à un retraité, jamais salariée

Judith aura 65 ans en octobre 2026. Elle s’est occupée de ses deux enfants et n’a jamais travaillé. Son mari Pascal, du même âge, perçoit une retraite de 1 600 euros bruts par mois. Pour que Judith bénéficie de l’Aspa, les revenus du couple doivent rester sous un seuil de 1 640,73 euros par mois en 2026.

Le calcul ne porte pas sur le mois en cours. « Les revenus sont appréciés sur les trois derniers mois qui précèdent la demande. Ils font l’objet d’un abattement : cela veut dire qu’en dessous d’un certain montant, ils ne sont pas pris en compte dans le calcul de l’Aspa », précise Manon Carlési. Pour un couple, cet abattement correspond à 1,5 fois le Smic, soit 2 734,55 euros.

Dans le cas de Judith et Pascal, ce mécanisme change tout. « Sur les trois derniers mois, Pascal a reçu 4 800 euros bruts, dont il faut donc déduire cet abattement. On arrive à un total de 2 065,45 euros bruts sur 3 mois, soit 688,48 euros bruts par mois », détaille Aurélie Soria, également co-responsable de l’offre Transition Emploi Retraite chez Mercer. L’Aspa correspond alors à la différence entre 1 640,73 euros et 688,48 euros, soit 952,25 euros versés au couple.

671 576 bénéficiaires en 2025, en majorité des femmes

Selon l’Assurance retraite, 671 576 personnes touchaient l’Aspa en 2025, dont 378 813 femmes. Beaucoup ont interrompu ou jamais commencé leur carrière pour élever des enfants ou aider un proche dépendant.

L’allocation peut par ailleurs être récupérée sur la succession lorsque le patrimoine net dépasse environ 108 586 euros, dans la limite de 8 463 euros par an pour une personne seule et 11 323 euros pour un couple.

Le montant moyen des pensions versées à l’ensemble des retraités s’élève, toujours selon l’Assurance retraite, à 916 euros : 1 009 euros pour les hommes, contre 838 euros pour les femmes.

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