Le gouvernement a suspendu, à l’automne 2025, la réforme qui devait porter progressivement l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Cette décision arrête net la progression enclenchée depuis 2023 et maintient l’âge légal quelque part entre 62 et 63 ans selon les générations concernées, confirme Le Journal des Seniors.
La réforme suspendue était entrée en vigueur le 1er septembre 2023. Elle prévoyait de faire reculer l’âge légal d’un trimestre chaque année jusqu’en 2030, pour le porter de 62 à 64 ans. Selon le calendrier initial, l’âge devait atteindre 62 ans et six mois pour les personnes nées en 1962, avec une progression de trois mois par génération jusqu’à 64 ans pour celles nées en 1968 ou après.
Avec l’arrêt de ce calendrier, le seuil se stabilise désormais quelque part entre 62 ans et neuf mois pour la génération 1963 et 63 ans et trois mois pour la génération 1966, selon des données publiées fin novembre 2025. Il faut par ailleurs avoir cotisé 172 trimestres pour prétendre à une carrière complète.
Dans les faits, l’âge effectif de départ dépasse déjà l’âge légal théorique : il tourne autour de 63 ans et demi pour un salarié classique, carrières longues et dispositifs pénibilité mis à part, strictement encadrés.
L’Italie, le Danemark et la Grèce fixent le seuil à 67 ans
Ailleurs en Europe, les écarts restent marqués. En Allemagne, l’âge légal atteint 66 ans et deux mois pour les personnes nées en 1959, et grimpera à 67 ans pour celles nées à partir de 1964, à raison de deux mois de plus chaque année.
Aux Pays-Bas, en Italie, en Grèce et au Danemark, le seuil est déjà fixé à 67 ans, l’Italie exigeant au moins vingt ans de cotisation et le Danemark réajustant régulièrement ce chiffre selon l’espérance de vie, avant de viser 70 ans en 2040.
À l’autre bout du classement, la Pologne autorise un départ à 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes, un écart maintenu depuis 2017. La Bulgarie fixe l’âge des femmes à 62 ans et quatre mois. En Belgique, l’âge légal est passé à 66 ans en 2025, avec un objectif de 67 ans programmé d’ici 2031.
L’Espagne applique un système mixte : départ possible dès 65 ans avec 38 ans et trois mois de cotisation, ou 66 ans et huit mois dans le cas contraire. La Suède, elle, ne fixe aucun âge unique : la pension peut être perçue dès 63 ans, mais son montant complet n’est versé qu’à partir de 65 ans.
Le Cleiss, l’organisme chargé des liaisons européennes de sécurité sociale, rappelle que ces âges légaux ne sont pas totalement comparables d’un pays à l’autre : les conditions d’éligibilité, les durées de cotisation, les salaires pris en compte pour le calcul ou les dispositifs de départ anticipé varient trop fortement pour permettre un classement direct.
Cette question de l’âge de départ reste liée, dans presque tous les pays, à l’évolution démographique. Selon Eurostat, la population de l’Union européenne devrait atteindre son pic en 2026, avec 453,3 millions d’habitants, avant de redescendre à 447,9 millions en 2050.
L’institut européen prévoit que, dès 2050, il y aura moins de deux personnes en âge de travailler pour chaque personne âgée dans l’UE, contre trois actuellement. La Roumanie relève l’âge des femmes jusqu’à 65 ans d’ici 2035, tandis que l’Estonie et Chypre indexent désormais leur seuil sur l’espérance de vie.
Selon Eurostat, plus de 6,1 millions de personnes de plus de 65 ans occupaient encore un emploi dans l’Union européenne en 2023, un total qui continue de progresser.






