Meta et Snap face à un procès sur l’usage compulsif des réseaux sociaux

La sélection du jury a débuté le 28 octobre à Los Angeles dans une affaire visant Meta et Snap. Deux jeunes femmes accusent les mécanismes de leurs plateformes d’avoir favorisé un usage compulsif et des troubles de santé mentale ; les entreprises contestent ces accusations.

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Meta et Snap face à un procès sur l’usage compulsif des réseaux sociaux © Social Mag

La sélection du jury a commencé le 28 octobre à Los Angeles pour examiner les plaintes de deux jeunes Américaines contre Snap, propriétaire de Snapchat, et Meta, maison mère d’Instagram et de Facebook. Au centre du dossier : la conception des applications et les mécanismes qui encourageraient, selon les plaignantes, une utilisation difficile à interrompre. Les deux groupes contestent leur responsabilité.

Les procédures, engagées en 2023, ont été choisies parmi plusieurs milliers de dossiers similaires. Elles posent une question concrète aux familles : jusqu’où les plateformes doivent-elles répondre des fonctionnalités qui prolongent le temps passé devant un écran ?

Défilement infini, lecture automatique et « streaks » examinés

Les avocats des plaignantes mettent en cause le défilement sans fin des contenus, leur lecture automatique et les séries d’échanges entretenues sur Snapchat, connues sous le nom de « Snapstreaks ». Ces dispositifs sont accusés d’inciter les adolescents à revenir fréquemment dans les applications et à y rester plus longtemps.

L’une des plaignantes, âgée de 16 ans et originaire de l’Illinois, affirme avoir commencé à utiliser Snapchat très jeune. L’autre, âgée de 18 ans et originaire du Mississippi, met en cause Snapchat ainsi que des services de Meta. Elles attribuent à leur utilisation des plateformes une part de leurs difficultés, notamment des troubles du sommeil, de l’anxiété et des problèmes de santé mentale. Ces liens de causalité font précisément partie des éléments que la justice doit examiner, comme le détaillent Reuters et CBS News.

La configuration du procès a évolué avant son ouverture. TikTok et YouTube ont conclu des accords avec les plaignantes ; Meta a également réglé le différend avec l’adolescente de l’Illinois. Snap reste visé par les deux plaintes, Meta par celle de la jeune femme du Mississippi. Les montants des accords ne sont pas précisés dans les comptes rendus consultés.

Les entreprises contestent les accusations

Meta souligne que la santé mentale des jeunes dépend de nombreux facteurs et affirme avoir mis en place des protections pour les adolescents. Snap défend la conception de Snapchat, ses outils de sécurité et ses ressources éducatives. Les deux entreprises rejettent les accusations selon lesquelles elles auraient délibérément créé des services destinés à rendre les jeunes dépendants.

Les dirigeants Mark Zuckerberg, Adam Mosseri et Evan Spiegel pourraient être appelés à témoigner au cours des prochaines semaines. Les plaidoiries d’ouverture sont attendues début novembre. Aucune décision n’a encore été rendue dans ces deux affaires.

Le tribunal devra notamment apprécier les arguments relatifs à la conception des services, distincts de la responsabilité des plateformes pour les contenus publiés par leurs utilisateurs. Une décision rendue en mars dans une autre affaire avait condamné Meta et YouTube à verser six millions de dollars ; Meta a fait appel. Le dossier actuel constitue un nouvel examen judiciaire, avec d’autres plaignantes et d’autres éléments de preuve.

Un débat qui concerne aussi les adolescents français

Les mêmes fonctionnalités sont utilisées par les familles françaises, tandis que les autorités européennes examinent les risques liés à la conception des grandes plateformes. Le 10 juillet, la Commission européenne a présenté des conclusions préliminaires mettant en cause, au regard du règlement sur les services numériques, certains mécanismes d’Instagram et de Facebook : défilement infini, lecture automatique, notifications et recommandations personnalisées.

La démarche européenne porte sur les obligations réglementaires des plateformes ; le procès californien examine des demandes individuelles de réparation. Les deux procédures interrogent néanmoins la conception même des interfaces, au-delà du seul contenu des publications. Pour les parents, les éducateurs et les adolescents, elles mettent en lumière le rôle des choix techniques dans les habitudes numériques et la nécessité d’évaluer leurs effets avec rigueur.

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