Couche-tard : un risque d’AVC et d’infarctus confirmé par une étude

Longtemps considéré comme une simple préférence ou un trait de caractère, le fait de se coucher tard pourrait avoir des conséquences bien plus sérieuses. Une nouvelle étude révèle que les couche-tard présenteraient un risque accru d’accidents cardiovasculaires. Ce mode de vie, à contretemps du rythme naturel, semble perturber bien plus que le sommeil.

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Couche-tard : un risque d’AVC et d’infarctus confirmé par une étude
Couche-tard : un risque d’AVC et d’infarctus confirmé par une étude | Social Mag

Une étude publiée, le 28 janvier 2026, dans le Journal of the American Heart Association a mis en lumière les dangers insoupçonnés liés au chronotype nocturne. Alors que l’impact des troubles du sommeil sur la santé est de mieux en mieux documenté, les chercheurs ont identifié un lien direct entre le fait d’être couche-tard et un risque accru de maladies cardiovasculaires, notamment d’AVC et d’infarctus. En analysant des données recueillies sur une période de 14 ans, les scientifiques ont dressé un constat préoccupant pour ceux qui préfèrent vivre la nuit.

Se coucher tard : une simple habitude ou un facteur de risque cardiovasculaire ?

L’étude menée sur plus de 300 000 adultes britanniques, âgés en moyenne de 57 ans, a révélé un fait inquiétant : les couche-tard présenteraient 16 % de risque supplémentaire d’AVC ou d’infarctus par rapport aux personnes se levant tôt. Une réalité qui dépasse largement les habitudes de sommeil et touche à l’ensemble du mode de vie. Cette étude a également souligné une prévalence de mauvaise santé cardiovasculaire supérieure de 79 % chez les noctambules par rapport aux lève-tôt ou aux profils intermédiaires, toujours selon la même source. Ce score a été mesuré à partir du référentiel Life’s Essential 8, qui évalue des facteurs tels que l’alimentation, la glycémie, l’activité physique, la pression artérielle ou encore le sommeil.

Sina Kianersi, chercheur principal de l’étude, explique : « Les personnes du soir connaissent souvent un désalignement circadien, ce qui signifie que leur horloge biologique interne peut ne pas correspondre au cycle naturel de lumière du jour à la nuit ou à leurs horaires quotidiens habituels. » Ce désalignement entre rythme biologique interne et cycle lumière-obscurité serait un élément central dans les effets délétères observés.

Les comportements à risque liés aux chronotypes nocturnes

Mais pourquoi les couche-tard sont-ils plus exposés ? L’explication ne se limite pas à l’heure du coucher. L’étude souligne que ces profils nocturnes adoptent plus fréquemment des comportements à risque cardiovasculaire : tabagisme, alimentation déséquilibrée, sommeil de mauvaise qualité. Ce cocktail fragilise peu à peu le cœur et les vaisseaux.

Kristen Knutson, professeure spécialisée dans les rythmes circadiens, commente ainsi les résultats : « Ces résultats montrent que les risques accrus de maladies cardiaques chez les profils du soir sont en partie dus à des comportements modifiables tels que le tabagisme et le sommeil. ». Certaines de ces vulnérabilités sont évitables. Par ailleurs, environ 8 % des personnes interrogées se considèrent comme des couche-tard affirmés, contre 24 % de lève-tôt et 67 % d’individus intermédiaires. Cette minorité représente pourtant une part disproportionnée des cas à risque.

La désynchronisation biologique en ligne de mire

Au cœur du problème : la désynchronisation circadienne. Ce phénomène survient lorsque le rythme interne du corps humain, réglé principalement par la lumière naturelle, n’est plus aligné avec les horaires d’activité imposés par la société. Chez les couche-tard, cette dissonance est fréquente, surtout lorsqu’ils doivent malgré tout se conformer à un rythme matinal.

Les conséquences de cette perturbation sont multiples : troubles métaboliques, augmentation de la tension artérielle, inflammation chronique. Ces mécanismes biologiques favorisent l’émergence de pathologies cardiovasculaires sévères, dont les AVC, comme le confirment les résultats de l’étude publiée le 28 janvier 2026. À noter également, la qualité du sommeil des noctambules est souvent altérée, car le temps de repos est raccourci ou décalé par rapport aux cycles naturels. Ce déficit chronique, combiné à une hygiène de vie plus fragile, vient alourdir le risque global. Ainsi, être couche-tard n’est pas anodin, c’est un déterminant comportemental aux conséquences bien réelles pour le cœur et les artères.

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