Cancer du sein : des soins inégalitaires et un reste à charge de 1 549 euros en moyenne

Malgré une prise en charge majoritairement assurée par la Sécurité sociale, les femmes atteintes d’un cancer du sein doivent encore assumer un reste à charge moyen de 1 549 euros. La Cour des comptes dénonce dans un rapport les failles de ce système, marqué par des disparités sociales et territoriales.

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Cancer du sein : des soins inégalitaires et un reste à charge de 1 549 euros en moyenne
Cancer du sein : des soins inégalitaires et un reste à charge de 1 549 euros en moyenne © Social Mag

Un reste à charge persistant malgré la couverture ALD

Le 28 janvier 2026, la Cour des comptes a publié un rapport accablant sur la prise en charge du cancer du sein en France. Cette pathologie, qui demeure la première cause de mortalité par cancer chez les femmes, bénéficie pourtant du statut d’affection de longue durée (ALD), censé garantir une couverture complète des soins essentiels. Dans les faits, les patientes supportent un reste à charge moyen de 1 549 euros, comme l’a révélé le rapport.

Ce montant inclut les frais non remboursés tels que certains dispositifs médicaux, des dépassements d’honoraires, ou encore les soins de support comme la psychologie, la diététique ou l’activité physique adaptée. Cette somme, déjà lourde pour de nombreuses femmes, peut s’élever bien davantage selon le lieu de résidence ou la situation sociale. « Un reste à charge moyen de plus de 1 500 € subsiste pour les femmes après remboursement par l’assurance maladie obligatoire », précise la Cour dans ses conclusions.

Inégalités flagrantes dans l’accès aux soins et au dépistage

Outre le fardeau financier, le rapport met en lumière d’importantes inégalités d’accès à la prévention et aux soins. Selon les magistrats de la Cour, les femmes résidant en zones rurales ou dans des départements sous-dotés sont les plus pénalisées. Elles bénéficient moins souvent de soins de support ou de chirurgie reconstructrice, faute d’offre locale ou de moyens. L’accès au dépistage organisé, quant à lui, reste très insuffisant. Bien que proposé gratuitement aux femmes de 50 à 74 ans depuis 2004, ce programme affiche un taux de participation inférieur à 50 %.

Ce faible recours est d’autant plus préoccupant que le dépistage précoce reste essentiel pour améliorer les chances de guérison. La Cour déplore également l’usage croissant du dépistage individuel, pratiqué hors cadre organisé, avec des examens plus chers, souvent non relus par un second radiologue, et donc moins sécurisés. « Ce dépistage parallèle est source d’inégalités, car il favorise les femmes pouvant avancer les frais », peut-on lire dans le rapport.

Des soins post-cancer négligés et mal coordonnés

La période suivant les traitements reste, selon la Cour des comptes, un « angle mort » du système. Les patientes souffrent fréquemment de séquelles physiques et psychologiques durables — fatigue, douleurs, anxiété — mais les dispositifs d’accompagnement sont insuffisamment déployés. L’activité physique adaptée, pourtant reconnue pour réduire les rechutes et améliorer la qualité de vie, reste marginale dans les parcours.

Quant au programme personnalisé de l’après-cancer, il est encore trop peu prescrit, notamment faute de coordination entre l’hôpital et la médecine de ville. « Les soins de support devraient faire partie intégrante du traitement, et non être perçus comme accessoires ou optionnels », alerte la Cour, appelant à une meilleure structuration des parcours de suivi.

Une hausse continue des dépenses… et des écarts persistants

Sur la période 2015–2023, les dépenses de l’Assurance maladie pour le cancer du sein ont bondi de 2,8 à 4,7 milliards d’euros, une hausse principalement due à l’augmentation du coût des traitements médicamenteux et à la montée en puissance de l’hospitalisation ambulatoire. Mais cette évolution budgétaire ne s’est pas traduite par un meilleur accès ni par une réduction des écarts.

Les femmes les plus modestes ou isolées continuent à subir des retards de diagnostic, des parcours discontinus, ou des soins incomplets. Face à cette situation, la Cour des comptes appelle l’État à renforcer l’égal accès aux soins, à encadrer les dépassements d’honoraires, à revaloriser les dispositifs de soutien post-thérapeutique, et à conditionner certaines prises en charge au respect du cadre organisé, notamment pour le dépistage.

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