Pourquoi le cancer du poumon gagne du terrain chez les femmes

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Pourquoi le cancer du poumon gagne du terrain chez les femmes
Pourquoi le cancer du poumon gagne du terrain chez les femmes © Social Mag

Alors que le mois sans tabac bat son plein, les chiffres sont alarmants : le cancer du poumon, en forte progression chez les femmes, est désormais la première cause de décès par cancer dans cette population. Une réalité sanitaire de plus en plus préoccupante.

En ce mois de novembre, la France vit au rythme du mois sans tabac, un temps fort de sensibilisation face à la première cause évitable de cancer : le tabagisme. Derrière cette campagne se cache une réalité alarmante : le cancer du poumon, en constante progression chez les femmes, frappe désormais 20 000 nouvelles patientes chaque année. Une augmentation annuelle de 4 % qui bouleverse les classements et alerte les autorités sanitaires.

Le cancer du poumon progresse de 4,3 % par an chez les femmes

En 2025, le cancer du poumon est devenu, chez les femmes, plus meurtrier encore que le cancer du sein. Selon TF1 Info, il touche désormais 20 000 nouvelles patientes chaque année, avec « une augmentation moyenne de 4,3 % par an » depuis 2010, d’après les données de l’Institut national du cancer publiées dans le cadre de la campagne de novembre. Cette progression s’inscrit dans une dynamique entamée il y a plus d’une décennie. Selon un rapport de Générations sans tabac, l’incidence du cancer du poumon a augmenté de 4,3 % par an chez les femmes entre 2010 et 2023, alors qu’elle diminuait chez les hommes sur la même période.

En matière de cancer, le poumon occupe désormais le troisième rang des localisations les plus fréquentes tous sexes confondus. Toutefois, l’écart entre les sexes se réduit, avec une féminisation croissante de cette pathologie. L’INCa confirme dans ses dernières statistiques que « la survie nette standardisée à cinq ans s’élève à 24 % pour les femmes », contre 18 % pour les hommes, mais que « l’augmentation de l’incidence reste préoccupante ».

Le tabagisme féminin en ligne de mire

Le rôle du tabac dans la survenue du cancer du poumon est bien établi. Selon l’Institut national du cancer, il est responsable de « 7 cancers du poumon sur 10 chez les femmes ». Si l’addiction au tabac a touché plus tôt et plus fortement les hommes, elle gagne du terrain chez les femmes, dans des proportions préoccupantes. Le guide de l’Association Respadd sur le tabagisme féminin précise que « la prévalence du tabagisme quotidien a augmenté entre 2000 et 2021 chez les femmes âgées de 45 à 54 ans, passant de 21,5 % à 27,8 % ». Une progression qui traduit une exposition accrue et durable à la nicotine, principal facteur déclenchant du cancer du poumon.

L’article de Pleine Vie souligne également une dimension psychosociologique : « les femmes ont plus de mal à arrêter de fumer que les hommes », en raison d’un attachement plus fort aux effets anxiolytiques du tabac ou à l’impact du sevrage sur le poids. C’est dans ce contexte que la campagne « mois sans tabac » revêt un enjeu crucial. Le ministère de la Santé a d’ailleurs confirmé le lancement, prévu pour décembre 2025, d’un programme pilote de dépistage du cancer du poumon par scanner faible dose pour les fumeurs et ex-fumeurs à risque élevé.

Un cancer redoutable : faible survie et détection tardive

La létalité du cancer du poumon repose sur plusieurs facteurs. D’abord, son diagnostic est souvent tardif, faute de symptômes précoces identifiables. Ensuite, son évolution est rapide, et les traitements restent moins efficaces à un stade avancé. En 2021, selon l’Insee et relayé par L’Express, le cancer du poumon représentait « 14 % des décès liés au cancer chez les femmes », se plaçant au premier rang devant les cancers du sein et colorectal.

Autre réalité inquiétante, malgré une survie légèrement meilleure chez les femmes, l’INCa indique que « la survie nette à 5 ans reste inférieure à 25 % ». Ce faible taux s’explique notamment par la faible accessibilité aux programmes de dépistage, qui ne sont pas encore généralisés à grande échelle en France. Enfin, cette pathologie reste sous‑médiatisée. Comme le souligne l’épidémiologiste Aurélie Renuy, citée par TF1 Info, « il est essentiel de déconstruire les stéréotypes : non, le cancer du poumon n’est pas une maladie d’hommes ». Cette déclaration met en lumière la nécessité d’un discours de prévention adapté au public féminin.

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