Faut-il vraiment travailler trois jours fériés pour bien préparer sa retraite ?

Travailler trois jours fériés pour sa retraite ? Une idée qui divise ! Certains y voient une chance d’augmenter ses revenus futurs, tandis que d’autres craignent des inégalités. Découvrez les enjeux d’une proposition audacieuse qui fait débat.

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Travailler trois jours fériés pour sa retraite : une idée qui fait parler d’elle
Faut-il vraiment travailler trois jours fériés pour bien préparer sa retraite ? © Social Mag

Le 17 février 2025, Amir Reza-Tofighi, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), lance une proposition un peu surprenante concernant notre système de retraite. Son idée ? Que les salariés travaillent trois jours fériés par an pour verser davantage de cotisations retraite.

Une idée osée pour relever un gros défi

Avec l’allongement de l’espérance de vie et la baisse des naissances, financer la retraite devient de plus en plus compliqué. Pour y remédier, Amir Reza-Tofighi propose que les revenus gagnés pendant ces trois jours fériés soient versés sur un compte spécialement dédié à la retraite, au lieu d’apparaître sur la fiche de paie. (En d’autres termes, chaque actif contribuera directement pour financer sa propre retraite plutôt que de payer pour celle des autres.) Il explique d’ailleurs : « Ce n’est pas pour financer les retraités d’aujourd’hui mais financer sa propre retraite ».

Extrait de Amir Reza-Tofighi sur France Inter :

https://www.youtube.com/watch?v=62JXGqvUWTI

Parallèlement, la réforme des retraites de 2023 est en cours de révision avec les partenaires sociaux pour éviter de déséquilibrer le système. Le Premier ministre François Bayrou soutient ces discussions et promet de soumettre tous les accords obtenus au Parlement.

Réactions et discussions animées

L’idée ne fait pas l’unanimité. Régis Mezzasalma, conseiller CGT, s’insurge contre cette proposition en soulignant qu’elle remet en cause les acquis sociaux liés aux réductions du temps de travail. (Il attire aussi l’attention sur le risque d’aggraver les inégalités, notamment pour les carrières en dents de scie ou fragilisées.)

Emmanuel Lechypre, un spécialiste économique, lui, voit un côté positif : il estime que ce système de capitalisation pourrait rapporter entre 500 et 1000 euros en plus chaque mois une fois à la retraite. Néanmoins, Eléonore Lemaire rappelle qu’un tel mode de fonctionnement comporte des risques, en citant un épisode personnel où une crise boursière a entraîné une lourde perte.

Vers une généralisation pour les salariés du privé ?

Aujourd’hui déjà, certains fonctionnaires bénéficient d’un régime basé sur la capitalisation. Amir Reza-Tofighi aimerait bien qu’on étende ce dispositif au secteur privé pour compléter le régime par répartition déjà en place. D’ailleurs, un sondage Ifop de 2023 indique que 84 % des actifs français seraient favorables à cette mesure.

En plus de cette proposition principale, il suggère quelques ajustements, notamment d’adapter la durée d’indemnisation du chômage en fonction de la capacité du demandeur d’emploi à retrouver un poste. Par exemple, la situation d’un demandeur non diplômé en province serait différente de celle d’un cadre diplômé à Paris.

Un futur incertain pour notre système de retraite

Actuellement, le rapport se situe à 1,6 actif cotisant pour un retraité, une situation qui inquiète beaucoup. Selon Amir Reza-Tofighi : « Ce que je veux, c’est sauver notre système de retraite par répartition ».

Ces propositions alimentent déjà de nombreux débats, qu’ils soient politiques ou dans le public. Elles mettent en lumière la complexité et l’urgence des ajustements à prévoir pour assurer un avenir financier stable à nos futurs retraités.

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