Une étude relayée par Futura Sciences a mis en lumière un facteur inattendu du vieillissement cérébral. Alors que le cerveau demeure au cœur des préoccupations de santé publique face à l’augmentation des cas de démence, ce nouveau travail scientifique révèle que le simple fait de réduire le temps passé assis pourrait avoir un impact supérieur à celui de l’activité physique. Une conclusion qui remet en question les recommandations traditionnelles.
Trop assis : un danger silencieux pour le cerveau
Malgré l’accent mis depuis des décennies sur les bienfaits de l’activité physique pour protéger les fonctions cognitives, la sédentarité s’impose désormais comme une menace autonome. Dans une étude publiée dans Alzheimer’s & Dementia, 404 adultes d’environ 70 ans ont été suivis pendant sept ans. Tous portaient des capteurs mesurant précisément leur activité quotidienne. Résultat : les participants restaient assis en moyenne six heures par jour, tout en pratiquant environ une heure d’activité modérée à vigoureuse. Et pourtant, 87 % d’entre eux respectaient les recommandations classiques d’au moins 150 minutes d’activité physique hebdomadaire.
Malgré cela, ceux qui passaient plus de temps en position assise présentaient un amincissement plus rapide de l’hippocampe – une structure cérébrale essentielle à la mémoire – et un déclin cognitif plus marqué. Ce constat s’aggrave chez certains profils génétiques. Les chercheurs ont observé que les porteurs de l’allèle APOE4, un facteur de risque majeur de la maladie d’Alzheimer, étaient particulièrement sensibles aux effets délétères de la sédentarité, indépendamment de leur niveau d’exercice physique. Ces résultats convergent avec ceux d’une étude de la cohorte UK Biobank, menée sur 49 841 adultes et publiée dans JAMA Network, qui montre une corrélation directe entre plus de 12 heures de sédentarité quotidienne et une hausse significative du risque de démence.
Une habitude simple, mais puissante : bouger régulièrement
La clef ne serait donc pas de faire plus de sport, mais de réduire les périodes prolongées d’inactivité. « Réduire son risque de maladie d’Alzheimer ne se résume pas à faire de l’exercice une fois par jour. Réduire le temps passé assis, même si l’on fait de l’exercice quotidiennement, diminue la probabilité de développer la maladie d’Alzheimer », a souligné Marissa A. Gogniat, chercheuse à l’Université de Pittsburgh, dans Medical News Today. Le professeur Angela Jefferson, directrice du Vanderbilt Memory and Alzheimer’s Center, abonde dans ce sens : « Notre étude a montré que réduire le temps passé assis pourrait être une stratégie prometteuse pour prévenir la neurodégénérescence et le déclin cognitif qui en découle. »
En d’autres termes, le mouvement régulier au cours de la journée jouerait un rôle neuroprotecteur capital, et ce, même chez les individus physiquement actifs. Cette notion s’ancre dans une littérature scientifique de plus en plus dense. Une méta-analyse de Medical News Today montre que l’atrophie cérébrale est plus importante chez les adultes passant plus de dix heures par jour assis, indépendamment de leur temps de sport hebdomadaire. La revue Bien Vieillir Mag a d’ailleurs rappelé que le volume des lobes frontal et pariétal, tout comme les fonctions exécutives, se réduisent plus rapidement chez les personnes sédentaires, même lorsque ces dernières pratiquent une activité physique conforme aux recommandations.
Repenser la prévention de la démence au quotidien
Cette réévaluation du rôle de la sédentarité intervient alors que la démence représente la septième cause de décès dans le monde, selon les données relayées par University of Queensland News. Or, le comportement sédentaire reste omniprésent chez les plus de 60 ans, notamment dans les pays industrialisés. Il ne s’agit pas de minimiser les effets bénéfiques de l’exercice, mais plutôt de reconnaître qu’il ne compense pas à lui seul les longues heures d’immobilité. « La démence est la septième cause de décès dans le monde et le temps passé en position assise est très répandu chez les personnes âgées », a rappelé une chercheuse de l’Université du Queensland dans une interview à UQ News en janvier 2026.
Au-delà des stratégies traditionnelles fondées sur la marche rapide, la natation ou le vélo, la clé pourrait résider dans des interruptions régulières de la sédentarité. Se lever toutes les 30 minutes, effectuer quelques pas, ou simplement changer de posture pourraient suffire à réduire l’amincissement cérébral et préserver les fonctions cognitives. Certaines recherches complémentaires, publiées dans le Journal of Alzheimer’s Disease, indiquent également que l’activité mentale soutenue (lecture, apprentissage, jeux de réflexion) augmente la réserve cognitive, mais ces effets ne peuvent se déployer pleinement si le cerveau est privé d’oxygénation par la sédentarité prolongée. Ainsi, la prévention du vieillissement cérébral passe peut-être moins par l’intensité des efforts fournis que par leur régularité et leur répartition au fil de la journée.
